28 septembre 2021

24 Heures du Mans 2021 : LMP2, vainqueur logique ou surprise intégrale ?

Une fois de plus, la catégorie LMP2 sera bel et bien la plus homogène à l’occasion des 24 Heures du Mans 2021. Si l’on peut reprocher un manque de diversité probant (les 25 voitures engagées utilisent le même moteur Gibson, et 24 d’entre-elles le même châssis Oreca), impossible de nier le niveau et la qualité des courses proposées par la catégorie depuis cinq ans. Le début de saison, marqué par l’introduction de la catégorie Hypercar, réduit les écarts entre les LMP2 et la victoire. En Sarthe, peut-on espérer un triomphe au général pour l’une des équipes ? Qui, à matériel égal, tirera son épingle du jeu ? Endurance Magazine vous éclaire avec les grands enjeux de la catégorie.

La voie royale pour United Autosports USA ?

Après trois épreuves disputées dans le cadre du Championnat du Monde d’Endurance (WEC), une équipe se démarque assez largement. United Autosports, avec deux victoires - aux 6 Heures de Spa-Francorchamps et aux 6 Heures de Monza - et un podium lors des 8 Heures de Portimão, émerge comme la force de 2021. La formation américaine alignera trois Oreca 07 aux 24 Heures du Mans, soit plus que n’importe quelle autre équipe. Le prototype #32, aligné en European Le Mans Series (ELMS), sera notamment emmené par Nicolas Jamin, Jonathan Aberdein et Manuel Maldonado, le cousin de Pastor.

United, favori ? Pas nécessairement. En effet, les impressionnants résultats depuis le début de saison sont dus à une seule voiture, la #22 (Hanson/Albuquerque/Scherer). L'équipe JOTA, en revanche, pourra compter sur deux voitures à coup sûr compétitives et l’on connaît l’importance du travail de l’équipe sur le double tour d’horloge. Pour rappel, JOTA pointe aux deuxièmes et troisièmes places en WEC.

United Autosports, la référence de la catégorie - photo United Autosports

Rappelons que l’année dernière, la victoire s’était jouée entre les deux formations, au grand dam de JOTA. L’équipe britannique pourrait bien prendre sa revanche cette année, au vu de la fiabilité des équipages et de l’état de forme d’António Félix da Costa.

G-Drive Racing en trouble-fête ?

En bien ou en mal, G-Drive Racing a été l’un des principaux animateurs de la catégorie LMP2 au cours de ces dernières années. Toujours bien placée et habituellement portée par des pilotes de haut rang, la formation russe parvient toujours à tirer son épingle du jeu. L’équipe pointe deuxième en ELMS avant Le Mans, non loin de Team WRT, et compte même une victoire aux 4 Heures du Castellet. Pour rappel, l’équipe a remporté l’Asian Le Mans Series 2021 et a terminé cinquième en catégorie LMP2 des dernières 24 Heures du Mans.

N’éliminez pas les Russes de la conversation ! Certes plus discrète qu’auparavant, la structure G-Drive Racing reste une équipe sérieuse prétendante au podium. Le trio de la #25 - composé de Roberto Mehri, John Falb et de l’Angolais Rui Andrade - jouera gros en catégorie Pro/Am. L’Aurus 01-Gibson #26 représente un vrai danger pour la victoire LMP2. L’équipage ELMS De Vries/Colapinto/Rusinov est rôdé, mais manque peut-être d’un patron à la Jean-Éric Vergne, dont l’expérience ajoutait une plus-value non-négligeable. 

Une carte à jouer pour WRT ?

Parmi les équipes de pointe, WRT a la particularité d’être dans le coup en ELMS ainsi qu’en WEC. Deux victoires aux 4 Heures de Barcelone et aux 4 Heures du Red Bull Ring (ELMS) et deux autres podiums (en WEC). Un beau palmarès pour l’équipe belge avant de s’attaquer à la plus grande course de la saison. Les équipages sont alléchants : sur la #31, Robin Frjjns sera associé à Ferdinand Habsburg-Lothringen et Charles Milesi, tandis que Louis Délétraz fera équipe avec Robert Kubica et Ye Yifei sur la #41, voiture actuellement en tête du championnat ELMS.

WRT va découvrir Le Mans, mais on connaît la faculté des Belges à apprendre vite - photo Team WRT Brecht Decancq

Des noms prometteurs mais pas de vrai leader, qui, à l’expérience, pourrait retourner la situation sur une course comme les 24 Heures. Certes, Kubica a un passé en Formule 1 mais l’on ne peut pas nier que son grave accident eut un impact sur son pilotage et sa fougue. Deux choses sont sûres : le potentiel et l’alchimie sont là. Aller chercher JOTA ou United Autosports semble compliqué sur le papier mais au Mans, rien n’est jamais joué d’avance.

Pro-Am : Racing Team Nederland favori ?

L’identité de Racing Team Nederland est désormais bien ancrée. C’est l’une des seules LMP2 qui se démarque grâce à une décoration tranchante repérable au premier coup d’œil, et un vrai sponsor titre qui ramène à une époque révolue. La sous-catégorie Pro-Am regroupe beaucoup de talents : il s’agit des équipages comptant un pilote bronze dans leurs rangs. Entre la #25 de G-Drive évoquée précédemment, la #70 de Realteam Racing – leader Pro-Am en WEC - et Racing Team Nederland, difficile de savoir qui va s'imposer.

La LMP2 jaune est clairement identifiée et pourrait briller en Pro-Am - photo Oreca

L’avantage est à Realteam, qui possède des pilotes de premier plan. Esteban Garcia en pilote Bronze, associé à Norman Nato et Loïc Duval, défendront les couleurs suisses en Sarthe. Cependant, l’alchimie de la formation 100% néerlandaise composée de Frits Van Eerd, Job Van Uitert et Giedo Van Der Garde est également redoutable. Un grand duel en prévision. A vous de faire vos jeux.

High Class Racing, la force tranquille ?

Et si les principaux favoris étaient tout autre ? Impossible de ne pas évoquer l’Oreca 07 #49 de l’équipe danoise High Class Racing. Il est question de l’un des équipages les plus expérimentés du plateau, toutes catégories confondues.

High Class Racing vers un possible succès avec deux engagements de qualité - photo Oreca

Anders Fjordbach, 30 ans, sera l’allié de Jan et Kevin Magnussen, ni plus, ni moins. Inutile de présenter le père, légende du côté de Corvette Racing et multiple vainqueur en Grand Tourisme (vainqueur à quatre reprises en GTS puis GT1), sans même parler de sa carrière en Formule 1. Son fils, quant à lui, est un novice de l’endurance mais d’ores et déjà diablement rapide. Les observateurs s’accordent à dire que Kevin est l’un des plus grands « talents gâchés » que la Formule 1 ait connu sur la dernière décennie. Son caractère bien trempé lui porta parfois préjudice, mais sa vitesse n’en reste pas moins ahurissante. D’ailleurs, son début en IMSA est plus que réussi. Il faudra compter sur High Class, qui possède le parfait ratio vitesse/expérience.

Nicolas Pascual

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