7 mai 2021

Team WRT remporte les 4 Heures de Barcelone 2021

Pour sa 18e saison, la 11e sous l'ère des LM P2, l'European Le Mans Series débute de la plus belle des manières. Alors que les Hypercar vont débuter dans quelques jours en Championnat du Monde d'Endurance (WEC) à Spa-Francorchamps, les "petites" LM P2 affirment plus que jamais qu'elles peuvent offrir à elles seules un excellent spectacle si tous les ingrédients sont réunis. La saison 2021 promet un menu alléchant de l'entrée en matière de Barcelone que nous venons de vivre jusqu'au dessert à Portimao. Retour sur la victoire autoritaire du Team WRT, nouveau venu à l'appétit d'ogre.

Louis Delétraz, le choix décisif dès le départ

On oubliera le départ de cette première course de la saison, avec une vitesse très (trop ?) réduite à l'approche de la ligne de la part de Roman Rusinov (Aurus 01 n°26 du G-Drive Racing) en pole position. Le Russe parvenait à conserver le commandement, tandis que derrière, les premiers incidents se déroulaient dès la première boucle. Henrik Hedman (Oreca n°21 DragonSpeed) était percuté par l’Oreca n°34 du Racing Team Turkey, après que Nico Jamin soit parti à la faute seul avec l’Oreca 07 n°32 de United Autosports.

Seul en tête, Roman Rusinov ne pouvait toutefois pas lutter face à la fougue de Louis Delétraz. Vu aux 24 Heures du Mans 2020 avec Rebellion Racing en LM P1, celui qui a décidé de dévier sa trajectoire de la monoplace vers l'endurance revenait dans les roues de l'Oreca rebadgée Aurus après 10 tours. L’Oreca n°41 du Team WRT qu'il partage avec Robert Kubica et Yifei Ye prenait le commandement après 20 minutes de course. Le Suisse osait le freinage tardif, malgré une résistance vaine de Roman Rusinov. Celui-ci craquera quelques secondes plus tard face à Phil Hanson, sur l'Oreca 07 n°22 United Autosports.

Le n°41 risque d'être souvent devant cette année - photo Sergey Savrasov

Après 35 minutes, et alors que les leaders commençaient à prendre un tour aux concurrents de la catégorie LM P3, l'évidence se dessinait. En plaçant Louis Delétraz au volant de son Oreca - le pilote le plus rapide du trio - Team WRT avait fait un choix risqué. Mais un choix osé : en espérant qu'aucun safety-car n'allait entrer en piste trop longtemps, l'équipe belge pariait sur un temps en piste maximal pour son jeune pilote, permettant de creuser l'écart. Une réussite, le seul safety-car rencontré lors de son relai ne restant que 7 minutes en piste. Rapide, Louis Delétraz s'arrêtait même avec un tour de décalage par rapport à la concurrence. Bon gestionnaire de la consommation, habile dans le trafic, il a construit la victoire avant de céder le volant à Yifei Ye. Du haut de ses 20 ans, le pilote chinois allait enchaîner les tours sans erreur, pour continuer de creuser l'écart avec G-Drive Racing. Comme un symbole, lui qui était avec la structure russe en Asian Le Mans Series et qui a décroché le titre pilote il y a quelques semaines. Robert Kubica allait terminer la prestation, avec un peu plus d'une heure au volant. Pour ses grands débuts en ELMS, le pilote polonais s'invite tout de suite en haut du classement.

Team WRT frappe fort pour son arrivée en endurance prototype - photo Sergey Savrasov

G-Drive Racing, un week-end à oublier

La principale opposition à l'équipe belge Team WRT n'est pas venue de G-Drive Racing. L'équipe russe, dont la gestion technique est désormais assurée par Algarve Pro Racing (en remplacement de TDS Racing), a enchaîné les erreurs. En piste, avec des sanctions de la part de la direction de course pour comportement dangereux. En ayant plusieurs contacts avec d'autres voitures, mais aussi aux stands, avec un cafouillage entre les deux voitures de l''équipe.

G-Drive Racing, malheureux sur le week-end espagnol

C'est finalement l'équipe Panis Racing qui apportait la meilleure résistance, en grande partie grâce au début de course de Julien Canal, incisif. Will Stevens et Gabriel Aubry ont tout fait pour revenir sur la n°41, mais l'écart creusé par Louis Delétraz n'a pu être comblé. United Autosports se console avec une troisième place pour la n°22 avec Phil Hanson, Jonathan Aberdein et Tom Gamble. Sur la ligne d'arrivée, l'Aurus 01 n°26 du G-Drive Racing (4e) est la dernière dans le tour du vainqueur.

Prestation inégale des Aurus 01 à Barcelone, revanche au Red Bull Ring ?

Petite consolation, le meilleur tour en course de Roman Rusinov en 1’35’’797, lors du 8e tour, avec une piste dégagée.

Hold-up pour Cool Racing en LM P3

Toute la course ou presque fut dominée par DKR Engineering avec la Duqueine M30 D08 à moteur Nissan en LM P3. Dès le 6e tour, et jusqu'au 120e tour, la LM P3 française était en tête. Mais Cool Racing passe à moins de 15 tours de la fin, avec la Ligier JS P320 n°19. Nicolas Maulini, Matthew Bell et Niklas Kruetten peuvent se féliciter de ce succès lié à leur prestation homogène.

Iron Lynx vainqueur en GTE

Matteo Cressoni, Rino Mastronardi et Miguel Molina s'imposent en GTE. Leur Ferrari 488 GTE Evo termine esseulée, ayant mis toute la concurrence à un tour. C'est une Porsche, la 911 RSR-19 n°77 de Christian Ried, Jaxon Evans et Gianmaria Bruni qui suit. Une voiture qui a eu son lot de problèmes, et notamment un contact dans la dernière chicane avec Claudio Schiavoni (Ferrari 488 GTE Evo n°60 Iron Lynx). A signaler, la belle prestation de l'équipage 100% féminin sur la Ferrari 488 GTE Evo n°83. Rahel Frey a enchaîné les dépassement dans son dernier relai.

Crédit photo : Sergey Savrasov

Geoffroy Barre

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *