2 décembre 2021

Toyota remporte les 8 Heures de Portimao 2021

Toyota a remporté la deuxième course de la nouvelle ère Hypercar, et repart du Portugal avec un doublé des GR010 Hybrid, la n°8 de Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima et Brendon Hartley prenant le meilleur sur la n°7 de Jose Maria Lopez, Kamui Kobayashi et Mike Conway. Malgré une belle pole position réalisée le samedi et de premiers relais solides, l’Alpine A480 Gibson LMP1 n’a pas pu résister, devant notamment repasser par les stands plus souvent du fait d’un réservoir de carburant plus petit.

Dites 32

En débarquant en Algarve, Toyota participait à la centième course d’endurance de son histoire faisant partie d’un championnat du monde. La mission était de glaner la victoire. Mission réussie, ce qui porte aujourd’hui à 32 succès au total la série de Toyota sur 100 courses.  Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima et Brendon Hartley, dans la GR010 Hybrid n°8, ont du mener une longue bataille avec leurs coéquipiers pour s’imposer avec 1,8 secondes d’avance.  

Une fois encore, et comme cela est le cas depuis plusieurs saisons maintenant, la principale menace pour Toyota provient de l’intérieur. Certes, la seule Alpine a apporté une opposition digne en début de course et à la faveur des incidents, mais sa capacité de réservoir inférieure la poussait à ravitailler au moins une fois de plus que les machines japonaises. Sans système hybride, elle ne pouvait pas tenir la comparaison sur la durée exceptionnelle de huit heures de course.

De la politique, même dans les situations « simples »

La victoire Toyota est à saluer car le doublé est obtenu alors que les GR 010 ne livraient ici que leur deuxième prestation. Cela prouve que la nouvelle création de Toyota est d’emblée fiable, et qu’elle sera cette année la principale concurrente à la victoire aux 24 Heures du Mans.

L’équipe semblait avoir la course sous contrôle jusqu’à ce qu’une voiture LMP2 se retrouve bloquée dans les graviers à un peu moins de trois heures de la fin. La voiture de sécurité était déployée. Quand la course reprenait, l’Alpine faisait le spectacle, reprenant la deuxième place et mettant la pression sur le leader avant de passer aux stands. L’exploit semblait possible. Les GR010 retrouvaient toutefois de l’air grâce à l’arrêt aux stands de l’Alpine, la n°7 était alors à la régulière devant la n°8.

La n°7 devait réaliser un dernier arrêt pour mettre du carburant, alors que la n°8 pouvait compter sur un pilotage plus « économe » de ses pilotes et se passait de cet arrêt tardif, notamment grâce à une procédure de Full Course Yellow opportune. La victoire semblait logique. Mais, même lorsque tout semble être cadré et se dérouler avec un plan parfait, on peut trouver des anicroches.

Sur la n°7, José Maria Lopez parvenait à rester dans le sillage de la n°8 après son ultime arrêt. L’équipe l’autorisait alors à doubler pour tenter de s’échapper et gagner. L’Argentin s’est exécuté, mais n’est pas parvenu à se construire une avance suffisante… Sébastien Buemi a été en mesure de garder le contact, Toyota a alors invité José Maria Lopez à inverser de nouveau l’ordre. Un désaveu personnel, une image bien triste renvoyée en matière de stratégie. Imbroglio, hésitation… Toyota ne semble pas serein même dans ces situations confortables.

L’équipage de la GR 010 n°8, la référence (toujours)

Nicolas Lapierre peut se satisfaire de repartir du Portugal avec le meilleur tour en course signé en 1’30 »919. Sébastien Buemi, sur la GR 010 Hybrid n°8, a été le seul à contester ce titre aux pilotes Alpine pendant la course.

Voiture de pointe en début d’épreuve, la GR 010 Hybrid n°8 pouvait réaliser un tour de plus à chaque relai grâce à une gestion du carburant bien plus efficace que la voiture sœur. A l’arrivée, si la n°7 a mené pendant un total de 141 tours l’épreuve, c’est bien la n°8 qui émerge en tête grâce à cette stratégie de décalage initiée dès le départ.

Comme un symbole, c’est aussi la n°8 qui a signé la meilleure vitesse de pointe en course (318,6 km/h pour Brendon Hartley contre 316,7 km/h pour Mike Conway).

Tous les détails, toutes les petites décisions comme les grandes orientations pointent encore vers l’équipage Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima et Brendon Hartley. Les deux premiers cités pourraient bien aller chercher une quatrième victoire ensemble aux 24 Heures du Mans, tandis que le néo-zélandais pourrait lui chercher à soulever son troisième trophée en Sarthe en août prochain. Qui peut les battre ?

Vraisemblablement pas la SCG 007 de la Scuderia Cameon Glickenhaus. Pour sa première sortie, l’Hypercar américaine a eu du mal à suivre en performance pure. Ryan Briscoe est entré en contact avec une Porsche et une Aston Martin, ruinant les chances de bien finir. Dommage car la SCG 007, mal qualifiée, remontait et s’invitait même aux portes du Top 5 avant sa sortie de piste. La course s’est résumée à une séance d’essais grandeur nature. Avec deux châssis attendus lors de la prochaine manche à Monza, on espère voir des progrès nets. Mais dans le Temple de la vitesse italien, les machines rouges et blanches devraient souffrir…

Geoffroy Barre

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

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