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Ligier JS3, à la poursuite de Porsche

Auto-portrait

Ligier JS3, à la poursuite de Porsche

Crédit photo : Ligier

Ligier JS3, à la poursuite de Porsche

Avant de prendre la direction de la Formule 1 comme constructeur en 1976, Guy Ligier a réalisé plusieurs prototypes destinés à l’endurance et aux 24 Heures du Mans. Il décida en 1969 de construire ses propres voitures de courses. La JS1 était née, reprenant les initiales de Jo Schlesser, pilote et ami de Guy Ligier, décédé en 1968 au Grand Prix de France, sur l’incendie de sa Honda RA302.

Le programme de construction de prototypes est lancé avec la JS1, puis se poursuit avec les JS2 et JS3. La JS1 est la traduction de l’idée qu’avait Guy Ligier avec son ami Jo Schlesser : réaliser une petite GT pour se battre face aux Alpine, Porsche et autres Shelby. Une seule petite saison, trois châssis construits, et Guy Ligier prend de nouvelles directions : la JS2, voiture fermée est une évolution de la JS1 dans sa philosophie. La JS3, voiture ouverte, se démarque totalement.

Priorité est donnée à la JS2 à la fin de l’année 1970. La voiture doit être présentée avant 1971, mais Cosworth refuse d’équiper les nouvelles voitures. Guy Ligier doit alors opter pour une solution alternative, et sélectionne un V6 Maserati. Il profite de ce retard sur la JS2 pour développer en parallèle sa JS3. Le design est confié à Michel Têtu, ancien de chez Renault, comme pour la JS1 et la JS2.

Avec la JS3, le choix est clair : il ne s’agit pas de réaliser une voiture de sport polyvalente, mais bien une voiture pensée pour la piste, et avec une course en tête, les 24 Heures du Mans

Avec la JS3, le choix est clair : il ne s’agit pas de réaliser une voiture de sport polyvalente, mais bien une voiture pensée pour la piste, et avec une course en tête, les 24 Heures du Mans. La JS3 est une barquette avec une monocoque PVC, de l’aluminium, et se veut un croisement entre des techniques « classiques » vues sur la JS1, et ce qui se fait alors en F1. La JS3 est propulsée par un V8 Ford Cosworth de 450 cv, le DFV V8 2 993 cc, déjà vu en F1, mais qui ne perce pas encore en endurance. Une boite 5 vitesses Hewland est montée.

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La voiture est présentée le 15 mars 1971 dans les ateliers de Ligier, à Vichy. Elle porte déjà sa robe jaune et verte associée au sponsor principal, le pétrolier BP.

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Les débuts interviennent un mois plus tard, pour la journée d’essais des 24 Heures du Mans. En tête après la journée d’essais dans sa catégorie (3 litres), la JS3 termine à une sublime 7e place. Guy Ligier décroche ainsi une place pour les 24 Heures du Mans, et qualifie pour la première fois une voiture avec ce moteur à la grande épreuve Sarthoise. La performance est notable quand on remarque que les voitures plus rapides sont quatre Porsche 917 et deux Ferrari 512M… une autre dimension !

Lors de la course des 3 Heures du Mans (organisée le même pour offrir du spectacle au public), elle décroche la deuxième place. Une semaine plus tard, pour la Coupe de Printemps à Montlhéry, la JS3 signe le meilleur temps et la victoire… Encourageant avec les 24 Heures du Mans, mais deux abandons suivront : au Critérium Nivernais (Magny-Cours) le 9 mai, puis aux Coupes de Vitesse (Linas-Montlhéry) le 23 mai.

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Aux 24 Heures du Mans, la JS3 se hisse à la 17e place sur la grille avec un temps de 3’39’’800, en recul par rapport au temps signé lors des essais d’avril (3’36). Guy Ligier et Patrick Depailler mèneront la JS3 à un très bon rythme jusqu’à ce que la boîte de vitesse ne vienne ralentir la marche (un roulement de boîte de vitesses lâche). Des travaux d’une durée de quatre heures sont nécessaires. L’équipe s’affaire, la voiture repart, elle passe la ligne, mais la distance couverte ne permet pas de classer la JS3.

Malgré tout son potentiel, la JS3 n’évoluera plus en compétition suite à l’accord signé avec Citroën (devenu propriétaire de Maserati). Guy Ligier se recentrera à partir de 1972 sur la production de sa GT, la JS2, propulsée par le V6 Maserati, monté notamment sur la Citroën SM.

La Ligier JS3 reste la seule et unique voiture pour la catégorie sport-prototype construite par Ligier à être dotée d’une carrosserie ouverte. Après cette courte carrière, elle resta longtemps conservée « à prendre la poussière », propriété de Jacques Laffite. Acquise en 1998 par Nicholas Zapata (via Roger Cowman), elle fut de nouveau vue en piste à partir de 2000, restaurée par Simon Hadfield et Geoff Wyatt. Depuis, elle fait les belles heures de courses historiques, comme Le Mans Classic. La « petite » Ligier qui voulait battre les Porsche.

Crédit photo : Ligier

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Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

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