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Pescarolo Sport : 2002, le verdict implacable de la piste

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Pescarolo Sport : 2002, le verdict implacable de la piste

Pescarolo Sport : 2002, le verdict implacable de la piste

En se présentant aux 24 Heures du Mans 2002, l’équipe Pescarolo Sport affiche désormais un palmarès international. Les français se sont imposés dans le championnat réservé aux voitures de sport de la FIA à Magny-Cours (2001) puis Barcelone (2002). En European Le Mans Series, c’est au Portugal (à Estoril) que les Verts ont brillé. Des victoires qui prennent le relais de la 4e place des 24 Heures du Mans 2000, acte « fondateur » de la structure.

L’autre grande évolution avant Le Mans 2002 vient de l’équipe, largement étoffée. Avec de nouvelles compétences, de nouveaux pilotes (lire ci-après) et surtout avec l’arrivée de l’ingénieur André de Cortanze. Ce dernier devient responsable technique de l’équipe, libéré de ses obligations avec Toyota (après le projet GT-One et l’engagement en F1).

Le 5 mai, Pescarolo Sport engage pour les essais préliminaires deux Courage C60. L’une est en configuration 2001, tandis que la seconde adopte tous les nouveaux éléments aérodynamiques pensés par André de Cortanze. La n°18 reste en effet similaire à la C60 déjà vue avec son arceau biplace caractéristique, nécessaire dans les courses FIA. La n°17 tranche radicalement. L’arceau devient monoplace, plus simple. La face avant est revue, notamment au niveau des feux, avec un capot plus bas ou encore des ailes enveloppantes. Un nouveau circuit d’air est pensé pour le refroidissement des freins, le tout avec une lame avant intégrée à la carrosserie. Les changements à l’arrière évoquent un peu la Toyota GT-One. Si la monocoque reste conforme à la C60 de 2001, tout ce qui compose la carrosserie est nouveau. Sans essais poussés menés en soufflerie, la C60 sera soumise au verdict de la piste.

Préliminaires des 24 Heures du Mans 2002, une C60 « version 2001 » engagée – Photo Jacques Vivier

En pilote et désormais patron expérimenté, Henri Pescarolo veut avoir sous la main de quoi comparer les choix proposés par son nouveau responsable technique. Ce dimanche de mai ne lui apporte pas satisfaction. La n°17, censée être une révolution, a des performances comparables aux Riley & Scott et Ascari. Les Audi sont loin devant.

Profil revu et affiné, la C60 évolution façon « de Cortanze » ici aux préliminaires – Photo Jacques Vivier

Après les essais préliminaires, le programme est dense. Dès le 8 mai, l’équipe est à Magny-Cours pour continuer l’apprentissage de la nouvelle C60 revue et améliorée. Des essais qui permettaient d’aboutir « à un compromis satisfaisant » selon le commentaire de l’époque. La deuxième C60-Peugeot a terminé sur la piste de Magny-Cours une endurance moteur sans aucun problème avec plus de 5000 km. Le moteur a été démonté chez Sodemo avant d’être assemblé pour le pesage. Aux Jacobins, Henri Pescarolo présente deux C60 évoluées, la version des 24 Heures du Mans 2001 semble, d’un coup, totalement dépassée.

Soirée d’essais, passage devant les stands – Photo Jacques Vivier

Aux essais, les performances ne sont guère meilleures que lors des préliminaires. 18e et 19e places sur la grille… La voiture ne possède pas une bonne vitesse de pointe (320 km/h mesurées en essais sur la base aéronautique des Hunaudières) et souffre en comparaison avec les autres LMP 900 engagées. 3’41’’237 pour Stéphane Ortelli (n°18) et 3’41’’509 pour Franck Lagorce (n°17). A titre de comparaison, Dindo Capello décroche la pole position avec son Audi R8 en 3’29’’905. Les Courage C60-Peugeot façon « de Cortanze » concèdent plus de 10 secondes sur un tour. Dur. En une année, les Courage C60 ont perdu deux secondes sur un tour…

A lire >  Pescarolo Sport : 2003, la dernière avec Peugeot
Sortie d’Indianapolis – Photo Jacques Vivier

Le mercredi est raté, l’équipe Pescarolo Sport tente de comprendre ce qui ne va pas. Trop chargée en appuis, les voitures sont délestées et passent en configuration course pour le jeudi. La chasse au temps n’a donc pas lieu, on espère le meilleur pour le double tour d’horloge.

En course, les écarts sont moins marqués. Mais, au fil des tours, et avec des conditions sèches, le déficit de performance se fait jour : A 20 h 00, Ortelli, Hélary et Katayama sont déjà à cinq boucles des leaders. La seconde C60-Peugeot est encore plus loin… Mais les problèmes et autres événements de course font remonter les deux voitures vertes. Le Top 10 est finalement atteint au début de la nuit pour la n°17… avant l’abandon. Alors au volant, Eric Hélary ramène une voiture avec une fuite d’huile abondante. Abandon à 00 h 50 du matin.

Freinage d’Arnage pour Sébastien Bourdais – Photo Jacques Vivier

La voiture sœur passera la nuit. Une pénalité de 30 secondes pour vitesse excessive dans les stands (infligée à Franck Lagorce) n’empêchera pas la C60-Peugeot n°18 de rallier l’arrivée en 10e place. Bouillon, Lagorce et Bourdais (encore lui) sont au final les meilleurs représentants du clan Courage. « Cette dixième place est une magnifique performance. Bien sûr nous ne sommes pas là où nous voulions être. Après tant d’investissements humains, techniques et financiers, nous pensions être capables de menacer les Audi en roulant en embuscade, à leur contact. Mais la réalité s’est révélée différente » expliquait Henri Pescarolo quelques minutes après l’arrivée. 10e, loin, bien loin des espoirs du clan tricolore.

Déception après 24 heures de course, 10e place finale – Photo Jacques Vivier

Songeur, Henri Pescarolo voyait toutefois dans son châssis revu de sérieux espoirs pour le futur. « En 2000, au soir de notre 4e place à l’issue de la première participation de Pescarolo Sport aux 24 Heures du Mans, j’avais prédit que nous ne rééditerions peut-être pas de sitôt un pareil exploit. Tout simplement parce que cette épreuve est indomptable, imprévisible, terriblement difficile. Beaucoup de constructeurs et d’écuries privées sont venues courir au Mans, année après année, sans jamais terminer la course. Sachons donc goûter notre joie à la mesure de la performance obtenue ».

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

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