28 novembre 2022

Lexus LFA GTE : la supercar née sous X

En novembre 2012, alors que Toyota venait de terminer brillamment sa première saison de Championnat du monde d’endurance (WEC) par un succès à Shanghai, on découvrait sur les réseaux sociaux l’existence d’une auto… insoupçonnée. Akira Iida, alors pilote officiel pour Lexus et détenteur du record du tour pour une voiture de production sur la boucle nord du Nürburgring, partageait sur Twitter l’image d’une Lexus LFA bodybuildée sur un banc de vitesse. Une Lexus LFA GTE.  Une voiture dont l’existence n’a rien du rêve mais qui, vous allez le découvrir, n’a finalement pas trouvé le chemin de la compétition. 

Les Lexus LFA pour les 24 Heures du Nürburgring 2011, avec l’inscription « Pray for Japan » suite au séisme et tsunami de 2011 au japon – photo Lexus

Pour bien comprendre le chemin de cette Lexus LFA GTE, revenons en 2008. C’est depuis cette année-là que l’on pouvait croiser des Lexus LFA en compétition, notamment sur la Nordschleife. Dans le cadre du développement du modèle de route, un exemplaire avec des spécifications très proches du concept-car LF-A se lançait sur le Nürburgring.

2011, les LFA continuent d’affronter le Ring – photo Lexus

La voiture était qualifiée en 5e position dans la catégorie SP8 (27e au classement général) mais souffrait d’un certain nombre de problèmes : une fuite d’huile, un problème de refroidissement, ou encore un moyeu de roue arrière cassé, l’amenant à la 121e place au classement général. En 2009, la voiture évoluait avec deux exemplaires présents.

Lexus LFA aux 24 Heures du Nürburgring 2012 – photo Geoffroy Barre

En 2010, enfin, la voiture était baptisée officiellement LFA : nouveaux pneumatiques (pour passer du 305/30R20 de la LF-A au 330/40R18), nouveaux freins, nouvelles suspensions, tout évoluait. Parmi les pilotes, on retrouvait un équipage 100 % japonais (sur la n°50), tandis que la n°51 était confiée à un trio : Armin Hahne, Jochen Krumbach et le pas encore triple vainqueur des 24 Heures du Mans, André Lotterer. Le programme continua les années suivantes, la dernière présence d’une LFA aux 24 Heures du Nürburgring fut notée en 2015.

24 Heures du Nürburgring 2015, dans le Carrousel – photo Geoffroy Barre

La Lexus LFA « GTE » apparue en 2012 sur plusieurs images – d’abord dans les ateliers de TMG à Cologne puis sur la photo d’Akira Iida – permettait de découvrir une voiture qui se rapprochait bien plus des codes esthétiques et aérodynamiques de la catégorie GTE que des LFA vues au Nürburgring de 2008 à 2015.

Dans les ateliers de TMG à Cologne, la LFA GTE

Lexus a développé la Lexus LFA en configuration GTE dans l’objectif de l’engager aux 24 Heures du Mans à partir de 2012. L’idée était même de la faire participer au WEC. Mais l’importance prise par le programme de la Toyota TS030 Hybrid – dont les débuts ont été anticipé sur le calendrier prévisionnel – ont mis en pause ce projet Lexus LFA GTE.

Bestiale, la LFA la plus esthétique de toutes, la GTE

La raison pour laquelle Toyota a mis fin au programme LFA GTE est ainsi avant tout logistique. Gérer deux programmes en même temps faisait courir le risque d’un échec… tant en LMP1 qu’en GTE ! La voiture, vue en photos dans les ateliers de Cologne a, selon plusieurs sources, pris la piste en mai 2011 à Valence après un passage en soufflerie.

La Lexus LFA GTE en soufflerie, échelle 1/2

Censée exister en version GTE, la Lexus LFA aurait également reçu plusieurs « kits » pour l’adapter tant au FIA GT qu’au VLN, et ainsi pouvoir disputer les 24 Heures du Nürburgring. Si elle n’a jamais vu une course, son développement a permis – en partie – d’aboutir à la Lexus LFA Code-X.

Sorte d’étude technique pour Lexus, la LFA Code-X a participé aux 24 heures du Nurburgring, engagée par Gazoo Racing, de 2014 à 2015. Elle était engagée en complément des LFA classiques.  Cette LFA a été développée totalement pour le Nürburgring, avec des solutions issues de la GTE. La Code-X utilisait un V10 de 5,3 litres et une structure intégralement en carbone.  

Lors de l’édition 2014, Akira Iida, Juichi Wakisaka et Takuto Iguchi ont piloté la Code-X en catégorie SP-Pro, avec une 11e place au classement général et une victoire de catégorie. L’édition 2015 voyait cette LFA évoluer avec un nouvel équipage associant les pilotes Masahiko Kageyama, Hiroaki Ishiura, Kazuya Oshima et Takuto Iguchi. La LFA remportait encore sa catégorie, 14e au classement général. Une victoire décrochée malgré la perte du sixième rapport de vitesse en fin de course.

Si la Lexus LFA GTE n’a jamais existée en course, les fans regrettent également l’absence d’une version Super GT, longtemps espérée… La Lexus LFA reste une supercar rare – avec 500 exemplaires produits – dont la carrière en sport-automobile fut bien trop confidentielle.

La 500E et dernière Lexus LFA produite – photo Lexus

Geoffroy Barre

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

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