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2009, quand Peugeot (re)gagnait les 24 Heures du Mans

Le Mans

2009, quand Peugeot (re)gagnait les 24 Heures du Mans

2009, quand Peugeot (re)gagnait les 24 Heures du Mans

À l’entame de l’année 2009, le monde des sports prototypes – d’ores et déjà marqué par un duel haletant entre Audi contre Peugeot – se prépare à un nouvel épisode de la rivalité, entamée en 2007. Pour une fois (la seule de 2007 à 2011), c’est le Lion qui va triompher en Sarthe. Retour sur cette rivalité intense qui opposa deux monstres sacrés du sport automobile lors de l’édition 2009 des 24 Heures du Mans.

2009, année de lutte intense

L’opposition entre Audi et Peugeot trouve ses origines aux 24 Heures du Mans 2005, date de l’annonce du retour de Peugeot en endurance. Double lauréat en Sarthe (1992 et 1993), la marque Sochalienne entend bien reconquérir la plus grande course du monde. En face, Audi. La marque aux anneaux marche littéralement sur les 24 Heures du Mans depuis 2000, et seule l’édition 2003 manquant au palmarès des allemands. Le défi s’annonce rude, mais Peugeot Sport est réputé pour son efficacité. Le rendez-vous est pris pour 2007, avec une voiture diesel. Ce choix audacieux fut également sélectionné par Audi, et fut payant aux 24 heures du Mans 2006, la victoire revenant à la toute nouvelle Audi R10 TDI.

Les Peugeot 908 HDi FAP furent tout de suite dans le coup, et terminèrent 2e et 3e pour leur première apparition en Sarthe, montrant tout le potentiel de la voiture. En 2008, tout les voyants semblaient être au vert, mais une fois de plus et malgré une rapidité en qualifications surprenante, la firme au lion échoua. Les Audi étaient bien plus à l’aise sur le mouillé … et dans les stands. La marque aux anneaux restait donc invaincue au Mans, mais Peugeot – qui a remporté une moisson de succès en Le Mans Series en 2007 et 2008 – présente pour une 908 très rapide, qui n’a pas à rougir face aux Audi.

Côté allemand, la R10 TDI qui affiche un bilan plus que positif cède sa place à la R15 TDI pour 2009. Le nouveau monstre semble juste imprenable. Aérodynamique revue, masse réduite, comportement en virage amélioré : ce prototype qui tranche avec la R10 TDI de par son aspect apparaît presque imbattable sur le papier, surtout quand l’on connaît la fiabilité allemande et leur gestion des stratégies de course. Côté moteur, on passe du V12 de 5.5 litres à un V10 de la même cylindrée, toujours dans le but de faire maigrir cette arme sortie des ateliers d’Ingolstadt.

Chez Peugeot Sport, ça ne chôme pas pour autant. On travaille désormais sur les petits détails qui font la différence. En effet, les équipes connaissent des entraînements intensifs pour perdre le moins de temps possible dans les stands, là où les courses « ne se gagnent pas, mais se perdent ». C’est une 908 revue qui se montre à la sortie de l’hiver, qui ne subit pas moins de huit tests préparant aux plus grandes épreuves d’endurance de la planète. Cependant, on garde toujours le V12 de 5,5 litres diesel turbo-compressé, qui avait satisfait l’équipe. Sous la houlette d’Olivier Quesnel fraîchement nommé à la tête de Peugeot Sport, c’est à Sebring que les hostilités débutent.

Audi R15 TDI #2 (Audi Sport Team Joest), Allan McNish

Se déroulant en mars, la mythique épreuve floridienne est une bonne mise en condition pour les 24 Heures du Mans. Audi est familier de la course, l’ayant déjà remporté à huit reprises (de 2000 à 2007). Le rendez-vous est pris. Les qualifications promettent une belle bataille en perspective, Christian Klien pour Peugeot n’échoue qu’à 102 millièmes de secondes de la R15 TDI de Tom Kristensen. Les quatre LMP1 regroupées en moins de 200 millièmes, et un duel à l’américaine se profile…

La course tient toutes ses promesses. Elle révèle même quelques défauts, notamment chez Peugeot : le système de climatisation pose de gros problèmes à l’équipe française, et leur a même fait perdre de précieuses secondes. De même qu’une crevaison sur la seconde voiture, la n°8 de Frank Montagny, Stéphane Sarrazin et Sébastien Bourdais. Cet équipage expérimenté échoue à seulement 22 secondes de la première Audi, la R15 TDI n°2, emmenée par le trio McNish/Capello/Kristensen. Le Danois remporte son cinquième trophée à Sebring et établit avec ses compères le record de distance, démontrant tout le potentiel et la sérénité du nouveau prototype « made in Germany ». Une autre R15 TDI complète le podium, la n°1, devançant de 25 tours la seconde Peugeot. La course est très prometteuse pour les 24 Heures du Mans à suivre en juin, et l’affrontement, cette fois sur les terres des « lionnes », s’annonce magnifique.

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Un duel sous tension

La classique mancelle cuvée 2009 débute dans un climat tendu. La rivalité qu’entretiennent les deux marques est au plus haut avant même le départ de la course. En effet, la R15 TDI avait été conçue à la limite du règlement, et ce depuis Sebring, ce qui n’avait pas échappé aux français. Mais alors que l’ACO reconnaît les Audi comme « conformes » lors du pesage, les ingénieurs et techniciens Peugeot remarquent une modification qui ne respecterait pas les règles établies.

Cela concerne l’avant du prototype, et le nombre d’éléments aérodynamiques autorisé serait dépassé. Le docteur Wolfgang Ulrich se défend, en insistant sur le fait que les différences de carrosseries entre Le Mans et les autres courses (dont Sebring) étaient explicitées et prévues depuis le début. L’affaire alla jusqu’à la réclamation déposée par Peugeot Sport, Olivier Quesnel souhaitant faire modifier ces éléments. Il stipula même que la genèse de cette plainte datait … de Sebring, mais que les instances de l’ACO avaient promis de faire bouger les choses. Finalement, le dernier mot reviendra à Audi, la réclamation puis l’appel de Peugeot seront rejetés.

Par ailleurs, les forces en présence sont plus importantes qu’en Floride : trois voitures pour chaque constructeur. Chez Audi, on mise sur la sûreté avec le trio McNish/Capello/Kristensen sur la n°1, mais aussi sur de la nouveauté avec la n°3, qui sera pilotée par Romain Dumas, Timo Bernhard et Alexandre Prémat. Quand à la n°2, un trio 100% Allemand essaiera de rivaliser avec les 908 : Mike Rockenfeller sera épaulé de Marco Werner, légende de la marque aux anneaux et de Lucas Luhr.

Chez Peugeot, on mise sur des équipages sûrs, et très rapides. Sur la n°7, nous retrouvons Nicolas Minassian, le Portugais Pedro Lamy ainsi que Christian Klien. La n°8 sera pilotée par le trio franco-français Montagny/Bourdais/Sarrazin. La 908 HDi FAP n°9, moins attendue, est-elle pilotée par David Brabham, Marc Gené et le très expérimenté Alexander Wurz.

Vient alors le premier affrontement, non sans importance, les qualifications. Allan McNish, réputé pour son explosivité et sa vitesse, signe un beau chrono, mais l’inévitable Stéphane Sarrazin lui prend la pôle, claquant un magnifique 3″22’888 dans sa dernière tentative, de nuit, près d’une seconde plus vite que l’écossais ! Les R15 TDI, comparée aux 908 affûtées et réputées pour leur vitesse, font globalement pâle mine. Mais Peugeot ainsi que le poleman en personne ne se réjouissent pas trop vite : ils veulent cette fois ci être devant, mais dimanche.
La course est une vraie surprise : Audi ne livre pas une prestation digne de son héritage. Entre sorties de pistes et problèmes mécaniques, les Allemands ont connu nombre de mésaventures. Au bout d’à peine 104 tours, abandon pour la n°2 à la suite d’une erreur en piste. La n°3 n’aura pas non plus fait long feu, et n’est plus en mesure de jouer la victoire après une grosse panne le samedi soir. Peugeot, maîtrise d’une main de maître la situation.  Si l’on oublie la petite erreur au moment de lâcher Pedro Lamy de son stand – qui vient percuter l’arrière de la 908 HDi FAP n°17 engagée par Pescarolo Sport – les Français ont fait preuve d’une fiabilité exemplaire. 

Et si la n°8 a également été victime d’un problème mécanique, la n°9 a parfaitement pris le relais, allant jusqu’à s’imposer, presque sereinement. Le proto allemand frappé du n°1 complète malgré tout le podium, mais assiste impuissant au doublé de la marque au Lion, qui renoue avec le succès pour sa troisième participation depuis son retour.

Peugeot enracinait alors un peu plus sa légende, et confirmait sa rapidité de développement, avec un programme récompensé par la victoire dès la troisième tentative. 2009 reste une année particulière, comme si le monde attendait que le groupe VAG tombe. Peugeot est parvenu à faire tomber la domination, mais ne pourra jamais répéter cet exploit.

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