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Maserati MC12 x Spa-Francorchamps

Auto-portrait

Maserati MC12 x Spa-Francorchamps

Maserati

Maserati MC12 x Spa-Francorchamps

Maserati est une de ces marques qui impose le respect. Un respect durement gagné depuis la genèse du sport-automobile (la marque fut fondée par les frères Maserati en 1914). Quand on y pense, c’est cette même marque de respect qu’il est nécessaire de montrer lorsque l’on foule certains tracés, qui eux aussi, ont contribué à la légende. Quand ces deux éléments sont assemblés de nouveau, cela ne peut mener qu’à quelque chose de… particulier. Evoqons ici les liens entre la Maserati MC12 et le circuit de Spa-Francorchamps

La naissance d’un monstre des pistes

En 2004, le championnat FIA GT commence quelque peu à stagner. L’ère des GT s’essouffle, la diversité n’est plus là, la catégorie est majoritairement dominée par les privés avec des Ferrari. C’est pourquoi la Fédération Internationale de l’automobile (FIA) a l’idée de changer la réglementation de la catégorie GT, permettant l’entrée de voitures plus exotiques. Cette nouvelle donne visait en particulier la magnifique Saleen S7-R, elle qui tranchait déjà beaucoup par rapport aux Ferrari 550-GTS Maranello ou encore aux 575-GTC Competizione, qui dominaient la concurrence. Mais un autre constructeur y vit une bonne occasion de revenir en compétition : Maserati. La règle était simple : il fallait produire 25 exemplaires homologués pour la route pour pouvoir en engager une version sportive en compétition. Une continuité de la grande époque des GT1 en somme.

25 exemplaires « civils » en blanc, les autres pour la compétition

Et à l’image de Porsche, Toyota, ou encore McLaren dans les années 1990, un monstre est en préparation. La MC12 sort en 2004, à 25 exemplaires. 25 autres suivront l’année suivante. Mais en plus de ces quelques raretés, c’est d’autres modèles directement préparés pour la course qui seront déjà prêts, courant 2004. Le ton n’est pas à la plaisanterie.  Conçue en étroite collaboration avec la Ferrari Enzo – dont elle emprunte le moteur (le Ferrari F140, un V12 atmosphérique de 6.0 litres), le châssis et la boîte de vitesse – c’est un véritable prototype.  Le rendez vous est donné pour la fin de saison 2004 et des débuts en course.

En effet, la MC12 est arrivée trop tard pour le point d’orgue de ce championnat : les 24 heures de Spa Francorchamps. Épreuve ajoutée au championnat au tout début du siècle pour avoir des grilles plus garnies, elle est la course majeure de l’année pour ces GT, et est même la seule a pouvoir se targuer d’être une véritable course d’endurance. La MC12 arriva à la manche suivante : les 500 kilomètres d’Imola. Engagées par AF Corse, deux MC12 GT1 furent forte impression. La victoire échappa pour moins d’un tour aux modénois (face à la Saleen S7-R d’ailleurs). Les italiens rencontrèrent des problèmes d’homologation. En effet, la voiture était définitivement trop axée « prototype », et était trop large.

C’est donc une version revue qui s’est présentée à Imola, mais dans l’interdiction de marquer des points au championnat. Andrea Bertolini et Mika Salo s’imposent même à Ochersleben, prenant un tour aux pilotes de la BMS Scuderia Italia, mais les points de la victoire reviennent aux deuxièmes. Cette première victoire de la MC12 montre que la voiture est définitivement bien née. Maserati obtient enfin le droit de marquer des points, ayant réglé ses problèmes d’homologation pour la dernière course de la saison à Zhuhaï, en Chine. C’est par un doublé que Maserati fête la nouvelle, bien que la voiture « hors-normes » soient toujours bridées (sans jeu de mot). Une 7e place au championnat avec seulement un résultat comptabilisé, pas mal pour une première année !

Duels dans les Ardennes

L’objectif de la saison 2005, ce sont les 24 Heures de Spa-Francorchamps (et bien évidemment le titre). Cette course mythique créée en 1924 désormais au calendrier est très convoitée par les écuries en compétition, et c’est dans ces vallées que la MC12 va écrire une partie de sa légende. Pour cette nouvelle saison, quatre modèles de Modène seront présents. Deux engagés par le Vitaphone Racing – qui faisait courir les Saleen en 2004 – et deux autres par le JMB Racing, habitué des courses sur le continent européen. Dès les premières manches du calendrier, la MC12 rafle la mise. Triplé à Magny-Cours et à Silverstone, places sur le podium à Monza. En face, seul le Larbre Compétition et ses deux Ferrari 550-GTS Maranello peut réellement rivaliser, et encore. Mais à l’approche des 24 Heures de Spa-Francorchamps, tout peut changer.

Tout peut arriver. Exceptionnellement, les points sont doublés pour la prestigieuse course wallonne. La pole position est acquise, et malgré les efforts d’une Aston Martin DBR9 en jambe dans un premier temps, et qui de surcroît est invitée juste pour l’épreuve, les MC12 écrasent la concurrence. Doublé « facile » et victoire pour Eric Van De Poele, Michael Bartens et Timo Scheider, reléguant la première Ferrari du Larbre Compétition à 9 tours. Cette domination outrageuse continue sur le reste de la saison, et le Vitaphone Racing, avec ses voitures bleues et noires reconnaissables, gagne le championnat devant le JMB Racing. Maserati remporte le titre constructeur … avec presque le double de points de Ferrari. L’avenir est désormais promis à la domination des voitures au trident.

Pour 2006, JMB arrête et lâche une de ses voitures à un autre team, italien cette fois : la Scuderia Playteam. Plus que trois MC12 présentes sur le plateau, et seulement celles du Vitaphone réellement dans le coup. Malgré l’intériorité numérique, la domination continue au début de saison, tandis que les rivaux sont cette fois plus affûtés.

En 2006, à l’assaut des Ardennes belges

Dans les Ardennes, rien n’est jamais joué trop vite. Le Phoenix Racing et ses DBR9 affûtées prennent la pôle position, montrant les crocs. La lutte qui va départager ces deux monstres sera magnifique. Les deux voitures ne se lâchent pas d’une semelle pendant la course, et même si l’Aston Martin semble avoir pris l’avantage à mi-course, c’est pourtant la Maserati n°1 d’Andrea Bertolini, Michael Bartens et l’habitué Éric Van de Poele qui l’emporte, par moins d’un tour d’avance, avec le record de distance.

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Cette passe d’arme serrée s’explique par la bonne gestion de la FIA de la nouvelle concurrence, et de légalisation des performances par le biais de lests, empêchant une « totale » domination, même si au championnat, il n’y a pas photo.

Doublé au championnat pilotes et au championnat équipes : tout va pour le mieux. Étant la meilleure voiture sur le plateau, la Maserati MC12 est convoitée pour 2007. Vitaphone et la Scuderia Playteam Sarafee sont toujours là (cette fois avec deux voitures chacun), et JMB revient avec deux MC12 GT1. Avec cette escouade de six voitures, la concurrence pâlit. Comme d’habitude, la voiture domine. Mais à Spa-Francorchamps, un combo americano-allemand sème le trouble.

Un trouble fête venu de Detroit

La cuvée 2007 des 24 Heures de Spa-Francorchamps restera à jamais dans les mémoires. En effet, dès les qualifications, la Chevrolet Corvette C6.R de Carsport Holland (supportée par le Phoenix Racing) place la barre haut et s’élance depuis la pole. Les dieux de la course n’étaient pas avec la firme au trident, et sous des conditions météorologiques difficiles ainsi que de nombreux régimes de Safety Car c’est bien la ‘Vette du quatuor Hezemans/Délétraz/Fässler/Gollin qui s’impose. Pourtant, à seulement une heure de l’arrivée, la MC12 n°1 comptait plus d’un tour d’avance sur son poursuivant, mais une simple erreur de pilotage qui précipita ce monstre dans un bac à gravier fit perdre un temps fou à l’équipe. L’écart sur la ligne, n’est finalement que de 1’17″756.

2007, la n°1 malchanceuse

Quand les esprits des grands circuits ne veulent pas vous voir vainqueur, vous ne pouvez rien contre. Et même si la marque de Modène réalisé un doublé au championnat équipes en roulant sur les autres engagés, cette défaite à Spa, l’événement GT de l’année, laisse un arrière goût amer. Au final, cette Corvette aura été la plus grosse épine dans le pied de l’épopée Maserati MC12 en Belgique.

Car oui, qu’on le veuille ou non, il s’agit bien d’une épopée. Trois titres équipes et pilotes en trois ans, c’est tout simplement à l’époque du jamais vu.

Le Phoenix Racing aborde 2008 en pleine confiance. Mais à Spa, un prétendant venu d’ailleurs fait son apparition. Le Gigawave Motorsport, qui ne faisait pas une bonne saison jusque là, rivalise largement avec les MC12 Nerazzurri. Surprenant, tandis que les tenants du prestigieux titre belge ne seront tout simplement jamais dans le coup. Mais à l’expérience, et après une belle course des britanniques et de leur DBR9, c’est bien les allemands qui prennent un doublé mérité. Le regretté Allan Simonsen monte sur la troisième marche du podium, rendant sept tours aux habitués Bartels, Bertolini, et van de Poele accompagnés de notre Stéphane Sarrazin national. S’en suivront un autre titre de vainqueur pour le team germanique, ainsi qu’un doublé pilotes. En somme, la routine.

2008, face à la Corvette

A ce stade, la compétition en GT1 est très rude et les pilotes comptant parmi les plus doués y participent. Les coûts sont élevés, et de moins en moins d’équipes participent à la saison. Seulement 16 voitures au départ de l’exercice 2009, pour seulement 8 épreuves. Avec, encore et toujours, la classique belge comme course phare. Vitaphone est le seul faisant courir des MC12, toujours au top de leur forme. Trois GT1 marquées du trident sont en lice. Trois GT1 marquées du trident sont aux premières places au départ de ces 24 Heures de Spa-Francorchamps. La couleur est annoncée.

Mais énorme coup de théâtre en course : le sort s’acharne sur l’écurie surclassant le championnat depuis maintenant quatre ans, et la n°2 lâche en toute fin de course. La n°1 était elle aussi dans les tréfonds du classement, bloquée en treizième place. La restante, la n°33, ne peut faire mieux que deuxième, à 11 tours… d’une nouvelle Corvette. Cette fois c’est le PK Carsport, emmené par Kumpen, Mollekens, Menten et Hezemans, qui avait définitivement la recette pour battre les équipages Maserati. Mais sur une année, ils étaient imprenables. Une fois de plus, ils raflent le titre pilote et équipes avec une belle marge d’avance.

2009, édition marquée par des rebondissements

Cette édition des 24 Heures de Spa-Francorchamps 2009 sera la dernière sous l’ère GT1. En effet, un championnat du monde, plus axé sur des courses Sprint, verra le jour en 2010 (le championnat du monde FIA GT1). La Wallonie sera toujours au calendrier, mais plus sous le même format. Spa-Francorchamps et ses 24 heures furent pendant cinq années le théâtre de batailles épiques et de retournements de situations. Même avec cinq titres d’équipes et pilotes d’affilé au plus haut niveau, un tel mythe peut vous faire retomber de haut.

Il est dommage que le V12 de la MC12 ne soit jamais venu aux 24 Heures du Mans, l’Automobile Club de l’Ouest n’ayant jamais homologué ce bijou très apprécié du public. Mais c’est en terre belge que la MC12 a construit sa légende.

Pour en lire encore plus à propos de la Maserati MC12, nous vous recommandons cet article (en anglais) : THE REBIRTH OF COOL: MASERATI MC12 par l’excellent John Brooks.

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