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Audi R18 2016 : celle qui a marqué la fin de l’ère Audi en endurance

Audi R18, 24 Heures du Mans 2016

Auto-portrait

Audi R18 2016 : celle qui a marqué la fin de l’ère Audi en endurance

Audi R18 2016 : celle qui a marqué la fin de l’ère Audi en endurance

Depuis la toute première course disputée en mars 2012 à Sebring jusqu’à la neuvième et ultime manche du Championnat du monde d’endurance FIA 2016, Audi fut un concurrent fidèle et grand animateur du LM P1. Mais, un 19 novembre 2016, cette présence prit fin.

La marque allemande a remporté les 24 Heures du Mans (avec la technologie hybride) en 2012, 2013 et 2014 avant de connaître deux revers face à Porsche. En 2016 en particulier, avec un concept peut-être trop novateur sur sa dernière R18, Audi apparaît réellement mis en difficulté. Cet échec, combiné à un contexte économique difficile et notamment aux conséquences du « dieselgate » conduit l’état-major de la marque à décider du retrait.

Ainsi, à la fin de l’année 2016, Audi décide de concentrer ses efforts vers l’électrique avec la Formule E, plus économique. La course des 6 Heures de Bahreïn 2016 a marqué la fin de l’épopée Audi en endurance. La fin d’une période dorée avec trois constructeurs majeurs engagés. Mais également le début d’un lent déclin pour le WEC. Car un an plus tard, c’est Porsche qui se retirait, laissant Toyota seul.

Audi R18 2016 : le prototype Audi hybride le plus radical

Le 29 novembre 2015, Audi Sport présente sa R18 redessinée pour la saison 2016 du Championnat du monde d’endurance. La nouvelle R18 présente une aérodynamique considérablement modifiée, notamment un nez surélevé similaire aux F1 vues avant 2014. On remarque également des prises d’air au-dessus des ailes avant, des rétroviseurs intégrés et d’autres modifications de la carrosserie, qui enfon une auto au look radical.. surprenante de ¾ avant.

Brutale, la R18 2016
Brutale, la R18 2016

Le KERS de cette Audi R18 2016 est remplacé. On passe ainsi d’un système à volant d’inertie à une batterie au lithium-ion. L’ensemble du système permet de passer de la classe 4MJ à la classe 6MJ. Le moteur lui reste le même, un V6 turbo diesel de 4,0 litres.

Audi engage deux R18 tout au long de la saison 2016 du WEC. Dès la première course, c’est une victoire. À Silverstone, face à une Porsche 919 Hybrid contrainte à repasser par les stands à cause de problèmes de pression de pneus, la R18 n°7 l’emporte. Elle sera déclassée après la course, l’épaisseur du patin avant n’étant pas conforme au règlement technique selon les commissaires. La seconde R18 hybride avait, elle, rencontré des problèmes techniques en piste, forçant l’intervention de mécaniciens… situation inédite !

Après ce premier revers, l’Audi R18 2016 s’impose à Spa-Francorchamps. Audi confirme que sa nouvelle monture est rapide et fiable. Le trio Loïc Duval, Lucas di Grassi et Oliver Jarvis est vainqueur. Un soulagement pour cet équipage, longtemps dans l’ombre du trio André Lotterer, Marcel Fässler et Benoît Tréluyer. Les trois pilotes ont, avec ce succès, passé un cap important, et ils apparaissent aux yeux de certains comme les favoris pour les 24 Heures du Mans 2016. Il n’en sera finalement rien.

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Audi R18 aux 24 Heures du Mans 2016
Audi R18 aux 24 Heures du Mans 2016

En Sarthe, dès les qualifications, les premiers problèmes apparaissent. Des soucis de transmission notamment sur la R18 n°8. En performance pure, les deux R18 doivent concéder plus de trois secondes à la Porsche en pole position. En course, le rythme n’est pas présent. Les deux voitures sont décrochées de la bataille pour la victoire. Lorsque la direction de course impose aux prototypes de repasser par les stands pour réparer leur système lumineux (pour voir le numéro de la voiture), les deux R18 ne chutent pas au classement mais perdent encore du temps précieux. Puis, sur la n°7, le système hybride donne des signes de fatigue. La n°7 devra se contenter de baisser de rythme avec une quatrième place finale à 17 tours du vainqueur. Pour la n°8, c’est une troisième place finale à 12 tours. Le trio Loïc Duval, Lucas di Grassi et Oliver Jarvis permet à Audi d’être à nouveau présent avec une voiture sur le podium, une série initiée lors des 24 Heures du Mans 1999 sans interruption.

Le Mans 2016, Audi R18
Le Mans 2016, Audi R18

6 Heures de Bahreïn 2016 : un doublé en héritage

Au Nürburgring (2e et 3e) puis à Mexico (2e et 27e) à Austin (2e et 6e) et enfin à Fuji (2e et abandon) et Shanghai (5e et 6e), Audi court après la victoire, sans succès. La domination de Porsche est totale, comme un symbole après la victoire acquise dans le dernier tour aux 24 Heures du Mans.

Audi R18 (2016) à Shanghaï en WEC
Audi R18 (2016) à Shanghaï en WEC

Se profile alors l’ultime course de la saison, organisée sur le circuit de Bahreïn. La série victorieuse de Porsche va prendre fin, Audi signant sa sortie de l’endurance avec un doublé. Le trio Loïc Duval, Lucas di Grassi et Oliver Jarvis – encore eux – s’imposent avec le goût amer d’un succès arrivé trop tard, initiateur d’une série qui aurait pu être sublime.

Victoire de l'Audi R18 2016 aux 6 Heures de Bahrein
Victoire de l’Audi R18 2016 aux 6 Heures de Bahrein

Marcel Fässler mène une remontée folle avec la n°7, dépassant les Toyota et Porsche. Pourtant quatrième sur la grille, il manque son départ et doit remonter sur la Toyota n°6. Chaque manœuvre est magnifique. Cette dernière course du pilote suisse au volant d’une Audi est sublime.

La 919 Hybrid n°2, touchée par une crevaison, sort rapidement de la lutte pour la victoire. On assiste toutefois à une bataille animée avec 15 changements de leader… et un doublé. Ce dernier week-end de course en endurance pour Audi est une démonstration. Meilleur tour pour Lucas di Grassi avec un 1’38’’828 sur la R18 n°8 et un total de 137 tours couverts en tête sur 201 possibles (la voiture sœur, la n°7, a occupé la tête de course pendant 57 boucles). Audi se retire alors, après 18 années d’engagement.

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

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