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Audi R18 2011 : celle qui faisait danser les Peugeot 908

Audi R18 2011

Auto-portrait

Audi R18 2011 : celle qui faisait danser les Peugeot 908

Audi R18 2011 : celle qui faisait danser les Peugeot 908

Première voiture à carrosserie fermée engagée par Audi en endurance depuis la R8C en 1999, la R18 TDI a marqué l’année 2011. Alors que la lutte entre Audi et Peugeot allait connaître un point d’orgue magique lors des 24 Heures du Mans, Audi tenait avec la R18 la voiture qui lui manquait tant depuis des années !  Une auto capable de rivaliser en vitesse pure avec les terribles Peugeot 908 . Pourtant, passer d’un roadster à un coupé ne fut pas une décision facile. Retour sur la genèse et la vie de cette Audi R18 2011.

Audi r18 2011, coupé dans le vif

Les origines de l’Audi R18 TDI 2011

Après les années de succès avec l’Audi R8 (de 2000 à 2005) puis la moisson de victoires de la R10 (de 2006 à 2008), Audi a connu une réussite plus mitigée avec sa R15. Mal née pour certains, jugée comme étant à la limite du règlement, la R15 ne fut pas à la hauteur en 2009 face à Peugeot au Mans (mais s’empara du record de la distance à Sebring).  En 2010, la R15 – devenue R15+ – est affûtée, affinée, mais reste moins rapide que les Peugeot 908.  Ce sont bien elles qui triomphent en Sarthe – avec un triplé – après l’échec cuisant de Peugeot. La R15+ décroche le record de la distance. Si les Peugeot avaient eu la fiabilité…

Audi R18 TDI 2011

Pour 2011, il est évident que la R15 ne suffit plus. Même si elle évolue en version « ++ » ou « MKIII », elle ne pourra pas rivaliser avec les Peugeot 908. Alors, chez Audi, on se décide à rompre avec la philosophie en place depuis 10 ans. La doctrine selon laquelle une voiture ouverte est la mieux adaptée pour les 24 Heures du Mans a du plomb dans l’aile. Plusieurs raisons motivent l’état major du constructeur aux anneaux à basculer sur une voiture fermée et à créer l’Audi R18 2011.

  • Les nouvelles règles pour les ravitaillements (instaurées en 2009) limitent à deux mécaniciens seulement le personnel autorisé à travailler sur la voiture. Avec une voiture ouverte, il n’est plus possible de gagner beaucoup de temps lors d’un ravitaillement, en comparaison avec les efforts nécessaires pour changer de pilote sur une voiture fermée. Avoir une voiture facile d’accès ne permet plus de gagner des secondes précieuses dans la pitlane !
  • La baisse de puissance pour les blocs moteurs LMP1 signifie implicitement que l’aérodynamique joue un rôle désormais encore plus prépondérant dans la recherche de performance. Avec un bon gros bloc V10 et un peu d’aérodynamique, les R15 jouaient presque avec les Peugeot 908, mais ont toujours été plus lentes. Les stratèges Audi sont parvenus à battre Peugeot, mais le déficit de performance s’annonce pour 2011 et au-delà très grand, trop grand.
 Décision est prise de basculer sur une voiture fermée dès la mi-2009 . Audi s’inspire de ce qui a fait le succès de sa R15 et R15+ et redessine la voiture avec un toit. L’Audi R18 2011 est née. Le moteur V10 5.5 L de la R15 – si glouton – est abandonné. On greffe dans la nouvelle Audi R18 TDI 2011 un moteur V6 TDI d’une cylindrée de 3,7 L suralimenté par un turbocompresseur. Le bloc moteur est associé à une boîte séquentielle S-tronic à 6 rapports.

Le développement de la R18 débute dès la mi-2009. Le moteur V6 TDI démarre pour la première fois au banc à partir du printemps 2010. L’Audi R18 a pris la piste pour la première fois en novembre 2010, avec Allan McNish au volant.

Audi R18 2011 : Le Mans et uniquement Le Mans

La journée test comme répétition

Organisée à la fin du mois d’avril (après deux années d’absence), la journée test des 24 Heures du Mans permet de voir évoluer de nombreuses nouvelles voitures. Parmi elles, les Audi R18 TDI et les Peugeot 908. Alors que l’Automobile Club de l’Ouest s’attend à des chrono au-dessus de la barre des 3’30, le choc est brutal : 3’27 »687 pour Tom Kristensen sur l’Audi R18 TDI n°3. 3’27 »815 pour Mike Rockenfeller sur la n°1. 3’27 »878 pour André Lotterer sur la n°2. Une Peugeot s’intercale avec un 3’27 »876 pour Stéphane Sarrazin. Rapides, les Audi R18 TDI changent la donne. P our la première fois depuis 2007 et le début du duel Audi-Peugeot, les machines allemandes sont les plus rapides sur un tour du grand Circuit de la Sarthe. 

Audi R18 TDI 2011

Audi repart avec plus de 3257 km couverts en une seule journée. Des données précieuses pour préparer la course. Peugeot n’est pas en reste (3407 km couverts). Le clan allemand est serein. Ce sont notamment les informations liées aux pneumatiques qui occupent les esprits. Des capteurs laser sont montés pour contrôler la température des pneus avants. Leur dégradation est étudiée finement. Audi sait déjà que la course se jouera – notamment – sur la bonne gestion des pneumatiques.

1000 km de Spa : baptême du feu raté de l’Audi R18 2011

Le toboggan des Ardennes permet pour la première fois de voir s’affronter en course les Audi R18 TDI et Peugeot 908. En qualifications, les Audi dominent. On retrouve les trois R18 TDI 2011 aux trois premières places. Un accident (sortie de Matthieu Lahaye violente sur la LMP1 Oak Racing) interrompt la séance. Les Peugeot 908 officielles n’ont pas eu le temps d’effectuer un tour rapide. Elles sont alors 13e et 18e. La Peugeot n°8, accidentée en essais libres, est reléguée en dernière place.

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La course fut un récital… Peugeot ! Dès les premiers kilomètres, Allan McNish part à la faute et doit cravacher pour rattraper les deux R18 de tête. Chez Peugeot, on envoie la 908 n°7 à l’assaut. A la fin de la première heure, elle prend le commandement. Plus tard, trois Peugeot 908 mènent devant les Audi R18 TDI. Pire, les machines allemandes rencontrent toutes des problèmes. Dindo Capello appuie par erreur sur le limiteur de vitesse et met du temps avant de libérer la puissance du V6. Il perd énormément de secondes dans cet incident. Sur la n°1 et la n°3, on change le capot arrière. Les R18 ne semblent pas si à l’aise en condition de course. Sans une erreur de Pedro Lamy sur la Peugeot 908 n°9 (puis une rupture de suspension pour Simon Pagenaud), la marque française aurait signé un triplé. Peugeot repart avec un doublé, une cinquième victoire de rang en Belgique, et de sérieux espoirs pour juin.

Le Mans 2011 : crash, peur et victoire pour l’Audi R18 2011 TDI

L’édition 2011 des 24 Heures du Mans est une édition culte. Il n’y a pas d’autre mot pour décrire le suspense et la magie de cette édition restée dans les mémoires tant la lutte Audi / Peugeot fut intense. Pour la première fois face à Peugeot, une Audi s’empare de la pole position (avec André Lotterer le plus rapide).  Mais c’est bien la course qui, par ses drames et son dénouement, reste mythique. 

Audi R18 TDI 2011

Samedi 11 juin 2011, 15h41. Allan McNish s’en va frapper le mur après la descende du Dunlop, puis enchaîne les cabrioles avant de retomber. Son Audi R18 ? Pulvérisée ! Moins d’une heure de course et déjà, une Audi est au tapis. Fautif en voulant prendre le commandement, il touche une Ferrari et le reste est connu.

Départ 24 Heures du Mans 2011 Audi R18 2011

Alors que la nuit s’installe (22h40), Mike Rockenfeller ira lui percuter le mur avant Indianapolis, là encore après un contact avec une Ferrari. Fautif ? Moins évident.

Audi R18 TDI 2011

Chaque accident démontre les progrès réalisés en matière de sécurité et de protection du pilote… mais aussi des spectateurs. Avec leur aileron de requin sur la partie centrale du capot moteur, les voitures LMP1 ne décollent pas. Avec sont Audi R18 2011 TDI, Audi possède une voiture rapide (plus rapide qu’une F1 en ligne droite) et surtout solide.

Ces deux gros crash des 24 Heures du Mans 2011 marquent le début de course et donnent le ton pour la suite. Une seule Audi R18 TDI (la n°2) se retrouve à la lutte face aux Peugeot 908.  Marcel Fassler, André Lotterer et Benoît Tréluyer vont, sans le savoir, devenir les héros des 24 Heures du Mans 2011. Ce week-end de juin, leur légende naît. 

Le Mans 2011 : la survie comme obsession

Après une longue interruption pour réparer le rail suite au crash de Mike Rockenfeller, la course est relancée. Telle une meute de loups à la recherche de sa proie, Peugeot se lance dans le combat face à la seule Audi R18 2011 en course. Mais une 908 part à la faute. Avec des pneumatiques pas encore en température et une piste fraîche, la meute se réduit.

Telle une meute de loups à la recherche de sa proie, Peugeot se lance dans le combat face à la seule Audi R18.

Avec une traction difficile à maîtriser et peu de grip, une Peugeot est déjà à 1 tour. 2 contre 1. Le reste de la course se résume à un duel fabuleux, une lutte de chaque seconde.

Audi R18 TDI 2011

Pendant la nuit, Benoît Tréluyer effectuera ce qui reste sans doute aujourd’hui le plus beau relais de sa vie.  55 tours, 3h20 d’effort pour un total de cinq « stints » avec les mêmes pneumatiques . La R18 TDI n°2 gagna 20 secondes dans la pitlane grâce à cet effort ! La victoire s’est jouée là, dans la nuit. Elle s’est aussi jouée grâce au travail de fond de Marcel Fässler. Pas le plus éclatant ni le plus extraverti du trio, le Suisse a enchaîné les tours tel un métronome. Fiabilité, constance. Les qualités d’un vrai héros de l’endurance. La victoire s’est enfin jouée grâce à André Lotterer. Auteur du meilleur tour en course lors de son 229e passage (3’25 »289), il a lutté – notamment – avec Sébastien Bourdais et a tenu lors du dernier relais malgré une crevaison lente et l’obligation d’économiser du carburant. Sur la ligne d’arrivée, l’écart ne sera que 13’854 secondes en faveur de l’Audi.

Audi R18 TDI 2011

La R18 TDI entre dans l’histoire dès sa première participation aux 24 Heures du Mans. Le reste de sa carrière (en Intercontinental Le Mans Cup) ne sera pas couronné de succès. A Imola, à Silverstone, à Road Atlanta puis à Zhuhai, Peugeot s’impose. Mais la R18 TDI a décroché la plus belle course de l’année.

Audi R18 TDI 2011

Revivez l’épopée de l’Audi R18 2011 avec le film Truth in 24 II, ici en version originale (anglais).

Crédit photo : Audi Sport, Geoffroy Barre et Christian Barre

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

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