28 novembre 2022

Le Mans Classic 2022, le paradis de l’endurance

La 10e édition de Le Mans Classic a vu 200 850 spectateurs venir, pendant quatre jours, jouir de ce qui se fait de mieux sur la planète en matière d’endurance. Oui, il existe d’autres manifestations « classiques » comme le Goodwood Festival of Speed (tenu la semaine passée) ou encore les concentrations de certaines constructeurs, à l’image des Porsche Rennsport Reunion.  Mais aucun événement ne se focalise à 100% sur l’endurance (et plus particulièrement les 24 Heures du Mans) avec une telle variété.  Là où les spectateurs les plus fidèles comme les nouveaux venus peuvent ressentir une frustration avec le faible nombre de constructeurs et la variété relative de modèles engagés lors de la dernière édition des 24 Heures du Mans, ici, c’est un florilège de toutes les époques, de tous les styles.  

Le Mans Classic, la passion pour raison

Lors de la toute première édition (2002), Patrick Peter plaçait déjà l’aspect sportif du Mans Classic au coeur de l’événement. Oui, dès 2002, on retrouvait cinq plateaux qui se succédaient pendant un week-end de septembre (Le Mans Classic n’a pas toujours été en juillet) avec un classement cumulé.

L’idée était pour l’époque novatrice, permettant à des voitures vieilles de 80 ans comme aux gloires des années 70 de rouler à plusieurs reprises et ainsi d’occuper 24 heures durant la piste. Le Mans Classic était une célébration des 24 Heures du Mans. 20 ans plus tard, Le Mans Classic est une célébration des 24 Heures du Mans ET de toute la passion automobile.

C’est la passion qui guide les engagés qui se pressent pour rouler sur le grand circuit. C’est la passion aussi qui amène les clubs, les associations et autres amicales à se retrouver là. Un entre soi ? Un peu oui, Le Mans Classic est un assemblage de micro-groupes, de fans de constructeurs oubliés jusqu’aux clients fortunés et exigeants de marques de luxe. L’entre soi est partout. On se rassemble entre amoureux de Renault, entre propriétaires de Porsche, entre invités d’une marque de montres. L’entre soi guide de petits groupes de personnes, des « packs » de voitures. Mais les barrières tombent aussi très facilement. Cet « entre soi » est en réalité bien plus friable et perméable qu’on ne le pense, et le partage est partout. On parle Français, Anglais, Allemand, Italien, on parle technique et esthétique.

Le Mans Classic, ce ne sont pas les 24 Heures du Mans. C’est une célébration et une fête qui transcende Le Mans, avec des spectateurs venus du monde entier.

La spectacle sur la piste

En 20 ans, le programme est devenu bien plus dense. Peut-être trop ? Dans sa volonté de satisfaire tout le monde et de son engagement sincère de fidélité envers les passionnés qui sont là depuis des années, Patrick Peter et ses équipes ont renouvelé les plateaux classiques. Numérotés de 1 à 6, ils couvrent la période allant de 1923 à 1981.

Parce que les Group C ont trouvé un public passionné et que les voitures de cette période sont nombreuses, un plateau supplémentaire leur est dédié (de 1982 à 1993). Et puis, les années 90-2000 ont aussi le droit à leur célébration, l’Endurance Racing Legends. Ajoutez à cela les plateaux dédiés à Jaguar ou Porsche, et il faut se rendre à l’évidence. Une journée, ce ne sont que 24 heures, 1440 minutes, 86400 secondes. Le temps manque pour autant de voitures en piste.

La multiplicité des plateaux rend complexe le suivi des festivités, mais décuple le plaisir. L’intensité des batailles est assez inégale d’un plateau à l’autre, mais la formule fonctionne.  Les départs type Le Mans sur certains plateaux anciens font lever la foule dans la ligne droite. Les luttes intenses du plateau 4 nous donnent une sensation de course sprint et l’on se prend au jeu. Le bruit des plateaux 5, 6, mais aussi des Group C, fait trembler petits et grands. 

Le format des courses gagnerait peut-être à être raccourci sur les plateaux les plus anciens, avec peut-être une utilisation des stands (et notamment des installations au karting) pour gagner en fluidité et enchainer plus facilement les différentes courses.

Parmi les temps forts, signalons le passage en guise de démonstration de la Mazda 787B en complément de la course Group C. Les voitures engagées en Endurance Racing Legends nous ont mis des paillettes dans les yeux, question de génération.

Le spectacle permanent en dehors de la piste

Il est impossible de résumer en un article Le Mans Classic. Il est même trop complexe de vouloir évoquer chaque événement qui s’est tenu pendant ces quatre jours, même en prenant le temps de passer en revue le programme. Le Mans Classic est intense, sur la piste et en dehors.

En déambulant dans les paddocks et dans le village, on attrape le syndrome FOMO (de l’anglais : fear of missing out, « peur de rater quelque chose »). On se retrouve très souvent dans la magie d’un instant : voir des gens danser au son des années 50, croiser un troupeau de De Tomaso, pousser une voiture de course pour aider son pilote à rejoindre la grille. Et puis, on se retrouve aussi parfois dans un monde parallèle. Entre deux espaces, on marche, on part en quête de nouvelles voitures, de nouvelles images… ne sachant pas ce qui se trouve au détour du paddock.

En résumé, la diversité qu’offre Le Mans Classic et l’hétérogénéité des marques et modèles sont des forces. Mais il faut se préparer à ce déferlement, ne pas trop papillonner si l’on souhaite voir des voitures en particulier. A l’inverse, on peut s’abandonner et se laisser porter par le flot magique du Classic, toucher l’ivresse.

En 2023, Le Mans Classic célèbrera le centenaire des 24 Heures du Mans. Une fête que vous ne pouvez absolument pas manquer ! L’année d’attente qui s’ouvre va nous permettre de vous faire patienter et saliver. Car si Le Mans Classic ne résume pas en un article, nous avons prévu de vous distiller tout au long de l’année ce que nous y avons trouvé…

Geoffroy Barre

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

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Une réflexion sur « Le Mans Classic 2022, le paradis de l’endurance »

  1. Fabuleux plateaux +++++ Personnellement, je reviens voir surtout et surtout entendre les FERRARI , de toutes les époques –
    Les autos sont très bien préparées , pour un retour sur ce circuit magique, et les pilotes se déchainent pour réaliser des temps, +++++
    Bravo à tous – De plus ,cette année 2022, la météo nous a gâté ++

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