28 septembre 2021

Toyota remporte les 24 Heures du Mans 2021

En accrochant une quatrième victoire de rang, Toyota confirme sa mainmise sur l’endurance prototype et entre de la meilleure façon dans la nouvelle ère des Hypercars. Un succès acquis non sans difficulté, avec notamment des problèmes techniques qui ont pénalisé la marche des deux GR010 Hybrid. Mais Le Mans a une nouvelle fois sacré la marque japonaise, amenée à affronter une concurrence rude dans les années à venir.

Toyota premier vainqueur au Mans avec une Hypercar

Après un début de saison marqué par certains doutes dans le clan Toyota, la préparation des 24 Heures du Mans était soignée. Tout était fait pour répéter les succès des années passées et éviter un affront pour les débuts des Hypercars. Face à une concurrence réduite – Alpine avec une LMP1 adaptée et deux Glickenhaus 007 LMH - il ne fallait pas trembler. Mike Conway, Kamui Kobayashi et José María López, qui ont tant de fois failli par le passé, s’imposent enfin. Leur victoire ponctue une semaine de domination, l’équipage de la #7 ayant également décroché la pole position (par Kamui Kobayashi en 3’23''900).

La GR010 Hybrid #7 était en tête pendant 348 des 371 tours de l’épreuve, n’échangeant le commandement que brièvement avec la voiture sœur (la GR010 Hybrid #8 de Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima et Brendon Hartley).

Alors que la #8 était touchée dès le premier virage par la Glickenhaus #708 avec Olivier Pla au volant, Mike Conway s’échappait sur la voiture qui allait l’emporter. Malgré deux crevaisons et des relais écourtés, c’est bien lui qui imposait le rythme. Derrière, Sébastien Buemi recollait après un peu plus d’une heure d’épreuve, montrant la domination en matière de rythme des Toyota.

À la mi-course, les deux Toyota comptaient trois boucles d’avance sur l’Alpine A480-Gibson, quatre tours sur la première Glickenhaus (la #708). Une avance confortable qui allait permettre de gérer les problèmes apparaissant au matin. En effet, les Toyota souffraient d’un souci de gestion du carburant, ne permettant pas d’exploiter la pleine capacité du réservoir. Les relais étaient écourtés, les ravitaillements plus nombreux, afin de trouver une solution. Ce sont finalement les pilotes qui ont dû gérer eux-mêmes. En basculant sur un mode spécifique à certains endroits du circuit, il apparaissait que le système fonctionnait à nouveau et permettait d’exploiter le plein de carburant.  En détail, il fallait mettre la voiture en mode « défaut » à chaque freinage et à chaque virage pour limiter la consommation de carburant puis repasser en mode « normal » à l’accélération. Autant de manipulations sur le volant qui ont été réalisées par tous les pilotes pendant les neuf dernières heures. 

Ce problème qui n’a pas empêché les pilotes de mener un duo n’est pas sans rappeler les soucis connus par Audi. C'était lors de la première participation d’un modèle hybride. En 2012, la R18 devenue hybride diesel-électrique avait eu des ratés et le système avait été réinitialisé à plusieurs reprises. Une grande partie de l’épreuve avait été disputée sans aide de l’hybride…

Sept fois c’est la bonne

La belle histoire de cette édition des 24 Heures du Mans restera l'épopée de l’équipage de la #7, enfin victorieux. Mike Conway, Kamui Kobayashi et José María López compte désormais une victoire en Sarthe. Kamui Kobayashi, homme le plus rapide sur un tour et grand animateur de la course depuis des années, peut enfin se délecter d’un succès. Il devient le quatrième Japonais seulement à s’imposer après Masanori Sekiya en 1995, Seija Ara en 2004 et Kazuki Nakajima (2018, 2019 et 2020).

"Nous avons dû traverser tant d'expériences au fil des ans, dont certaines très difficiles, pour en arriver là. J'ai toujours su qu'il fallait de la chance pour gagner au Mans. Nous en avons eu besoin aujourd'hui aussi explique Kobayashi. Nous avons fait le maximum pour survivre pendant les sept dernières heures. Normalement, la course aurait dû s'arrêter là pour nous, mais nous avons survécu parce que l'équipe a travaillé très dur et a pris la bonne décision. Mes coéquipiers, l'équipe de la voiture et les ingénieurs ont fait un excellent travail pendant la semaine. Merci à tous".

L’abandon dans la nuit de 2017 sur problème d’embrayage est oublié. Le problème de capteur et le changement de pneumatique inutile en 2019 à la suite d’une crevaison mal identifiée est lui aussi de l’histoire ancienne. L’édition 2020, avec des problèmes de perte de puissance en pleine nuit n’est qu’un lointain souvenir. Mike Conway, Kamui Kobayashi et José María López ont ouvert leur compteur de victoire au Mans. Avec de nouvelles coupes dans les années à venir ?

Images : Toyota Gazoo Racing

Geoffroy Barre

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

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