28 septembre 2021

24 Heures du Mans 2021 : LMGTE Pro, le chant du cygne ?

Longtemps considérée comme la catégorie la plus spectaculaire en raison du nombre de constructeurs engagés et du niveau affiché, le LMGTE Pro est désormais en bout de cycle. Trois marques représentées aux 24 Heures du Mans 2021, et seulement deux sur l’ensemble du Championnat du Monde d'Endurance (WEC). Il faut l’accepter : le temps des batailles entre Aston-Martin, BMW, Corvette, Ferrari, Ford et Porsche est désormais révolu. Les deux firmes engagées sur la saison - Ferrari et Porsche - apparaissent comme les derniers guerriers encore debout, en honneur de leur immense héritage sportif. Corvette Racing, comme à son habitude, fait une escale au Mans pour bousculer la hiérarchie. Endurance Magazine a choisi de mettre l'accent sur les quatre grands enjeux de cette catégorie disputée.

Mais qui peut stopper Kévin Estre ?

Kévin Estre est sans doute, à l’heure actuelle, l’un des meilleurs pilotes du monde. À seulement 32 ans, il a déjà tout gagné dans le monde du grand tourisme. Vainqueur de la Porsche Carrera Cup France et Allemagne, vainqueur aux 24 Heures du Mans, aux 24 Heures du Nürburgring et aux 24 Heures de Spa-Francorchamps, double champion du monde d’endurance LMGTE Pro – et champion en titre - ne l'arrêtez plus. La liste ne s’arrête pas. Malgré d’excellents résultats partout sur le globe, il semble que Le Mans lui résiste quelque peu depuis sa victoire en 2018. Estre version 2021 est un autre pilote, une machine à gagner. Une nouvelle victoire en Sarthe semble évidente.

Porsche devant tout le monde en GT ?- photo Michelin Frédéric Le Floc'h / DPPI

Fort d’un succès sur « l’enfer vert » en début d’année, le lyonnais débutait cette saison d’endurance avec le plein de confiance. Sur sa Porsche 911 RSR–19, il proposa une démonstration de pilotage lors des 6 Heures de Spa-Francorchamps, prenant pole position et la victoire. Accompagné par Neel Jani et son fidèle acolyte Michael Christensen, rien ne résiste à la formation allemande. Individuellement, personne d’autre dans la catégorie n’est au niveau du français pour le moment, ce qui place la Porsche #92 en tant que grande favorite.

Ferrari peut-il le faire ?

Seul adversaire de Porsche en WEC, Ferrari ne connait pas la même dynamique. Les performances sont très variables, pouvant être hors du coup sur une session pour ensuite gagner la course comme au Portugal. Il ne faut pas sous-estimer les Italiens : ce sont bien eux qui mènent le championnat constructeur en WEC, grâce aux points plus importants attribués à Portimão (car la course durait 8 heures). Ferrari a tout de même remporté l’édition 2019 des 24 Heures à la surprise générale, alors que la firme de Zuffenhausen était plus attendue.

Ferrari vers un succès en LMGTE Pro ? Porsche semble plus en forme - photo Michelin Frédéric Le Floc'h / DPPI

La 488 GTE EVO est dans le coup mais les équipages sont un poil moins rodés que chez les Allemands. Certes, Bruni ou Serra peuvent débloquer une situation ou enchaîner les tours rapides sur demande, mais le package complet est certainement un peu plus faible. Rappelons que Ferrari évoluait à deux pilotes par machine lors des deux premières manches de la saison. AF Corse pourrait compter sur une contre-performance de Porsche (les pneumatiques peuvent poser de gros problèmes aux 911 RSR-19) pour espérer rivaliser à la régulière, mais avec l’évolution de la balance de performance, rien n’est joué d’avance.

Quel état de forme pour les Corvette qui débarquent au Mans ?

Exit la Chevrolet Corvette C7.R, qui fit vibrer les tympans et hérisser les poils de tous les spectateurs. Sa remplaçante, la C8.R, fut introduite l’an dernier mais n’a pas pu rouler aux 24 Heures du Mans pour d’évidentes raisons sanitaires.

L’architecture change et tranche avec le passé. Pratt & Miller a opté pour un V8 en position centrale arrière. Inutile de faire durer le suspense : Corvette Racing est plus que prêt. La C8.R a roulé sur le championnat IMSA 2020, en remportant cinq courses au total.

Le retour de Corvette dans son jardin - photo Michelin Frédéric Le Floc'h / DPPI

Certes, les classiques de longue distance échappaient à l’équipe, mais le tir a été rectifié en 2021. En début d’année, Antonio Garcia, Jordan Taylor et Nicky Catsburg (voiture #63 au Mans) ont triomphé lors des 24 Heures de Daytona. À l’heure où ces lignes sont écrites, Corvette est sur une série de quatre victoires consécutives outre-Atlantique. Difficile de dire s’ils parviendront à faire chuter Porsche, pour l’instant grandissime favori. Mais une chose est sûre : ils seront dans le coup.

Hub Auto Racing, la grosse surprise ?

En LMGTE Pro, quatre Porsche 911 RSR-19 seront alignées au départ de ces 24 Heures du Mans 2021. Deux pour Porsche GT Team présent en WEC, une pour Weathertech Racing, la branche américaine, comme d’habitude depuis quelques années.

Une dernière allemande, plus discrète, pointe le bout de son nez sur la liste des engagés. HubAuto Racing, formation taïwanaise, alignera un bien bel équipage pour faire trébucher les favoris.

HubAuto Racing, surprise possible du LMGTE Pro cru 2021 - photo Michelin Frédéric Le Floc'h / DPPI

Initialement, le vainqueur de Grand Prix Heikki Kovalainen était de la partie, mais s’est vu finalement remplacé par Alvaro Parente ces derniers jours. Nick Cassidy était également prévu, mais lui aussi échangé avec Maxime Martin, vainqueur des 24 Heures de Spa-Francorchamps 2016. Les deux hommes seront accompagnés de Dries Vanthoor, excellent pilote d’endurance trop souvent oublié.

L’équipage est alléchant, même si Morris Chen, directeur, sait qu’il sera difficile de rivaliser avec les autres écuries soutenues par les usines respectives. Avec huit voitures seulement, il n’est pas interdit de rêver au podium, qui serait exceptionnel pour HubAuto Racing. Nous vivons les derniers instants du LMGTE Pro, alors nous sommes en droit d’espérer une explication légendaire entre ces constructeurs mythiques.

Nicolas Pascual

Une réflexion sur « 24 Heures du Mans 2021 : LMGTE Pro, le chant du cygne ? »

  1. j’imagine qu’il s’agit d’une coquille, mais chez Ferrari, c’est plutôt Pier Guidi (que Bruni) qu’il faut citer pour « débloquer une situation » 😉

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