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Lotus Evora GT300, la drôle de bête japonaise

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Histoire

Lotus Evora GT300, la drôle de bête japonaise

Lotus Evora GT300, la drôle de bête japonaise

Dans le Super GT japonais, on a trouvé à une époque une Lotus Evora. C’est une silhouette qui n’a pas grand-chose d’anglais… Explications.

Parmi les voitures construites par Lotus, l’Evora est l’un de celles qui a le palmarès le plus fin. Tout avait pourtant bien commencé en 2010, avec la victoire d’Ollie Hancock en GT4 European Series. Puis il y eu un podium d’une Evora « usine » aux 24 heures de Dubai, avec Gianni Giudici, Stefano d’Aste et Johnny Mowlen. En 2011, Lotus développait l’Evora 124. Jetalliance écumait l’Intercontinental Le Mans Cup avec la bénédiction du constructeur. C’était l’un des nombreux programmes sportifs officiels de l’ère Bahar. Puis, faute de budget, Jetalliance baissa le rideau en fin de saison. Surtout, l’Evora, jugée trop lourde et pas assez puissante, n’enthousiasmait pas d’éventuels clients. Ils lui préféraient l’Elise. Mais Lotus voulait mettre en avant l’Evora. Au point de cantonner la version sportive de l’Exige S aux courses de club !

(Photo : Geoffroy Barre)

Lotus Evora engagée par Jetalliance aux 24 Heures du Mans 2011 (Photo : Geoffroy Barre)

Les petits constructeurs de voitures de sport n’ont pas les moyens d’avoir des filiales à travers le monde. Lotus préfère donc faire appel à des importateurs officiels. L’idéal pour la firme d’Hethel, ce serait un passionné, qui aurait pignon sur rue, qui prendrait en charge lui-même la promotion locale et qui resterait fidèle quoi qu’il arrive. Au Japon, Lotus a trouvé cet oiseau rare en la personne de Kazuho Takahashi. En 1983, Takahashi ouvre une concession Honda, Verno Tokai. Au fil des années, il ouvre d’autres concessions avec d’autres marques, se diversifie dans l’exportation de voitures d’occasion et l’immobilier. En 2002, il fonde LCI, représentant officiel de Lotus au Japon. A l’époque, la marque est au plus mal et les quelques ventes sur l’archipel sont les bienvenues. Takahashi prend son rôle à cœur. Avec les Japan Lotus Day et la Lotus Cup Japan, il sait animer la marque et mobiliser les fans. Enfin, LCI a toujours son stand au Tokyo Motor Show. Rien n’est trop beau pour lui et tant pis s’il perd de l’argent avec Lotus : les autres branches de VT Holding, son entreprise, épongent les dettes.

(Photo : Lotus Japan)

La Lotus Evora « japonaise » mène la danse (Photo : Lotus Japan)

Mais parfois, l’importateur en question décide de prendre des libertés. Il a des devoirs, pourquoi n’aurait-il pas des droits ? Ferrari a connu pareil mésaventure avec Luigi Chinetti, aux Etats-Unis, dans les années 70. Takahashi demande rarement l’avis d’Hethel. Grâce à LCI, le Japon est l’un des premiers marchés à l’export. Sans LCI, Lotus ne pourrait pas y être présent. A contrario, LCI agit par passion et le rapport de force est extrêmement favorable aux Japonais.

Ainsi, en fin d’année 2014, le Super GT décide de lancer un châssis générique pour le GT300, construit par Dome. Charge aux écuries d’y adapter la carrosserie qu’elles veulent. Ni une, ni deux, Takahashi se tourne vers Mooncraft. Il connait d’autant cette structure qu’ils ont presque débuté ensemble. En 1985, Verno Tokai sponsorisait une Honda Civic préparée par Mooncraft, en tourisme. Aujourd’hui, Mooncraft gère les activités de promotion du concessionnaire (notamment des journées circuit à Suzuka.) En 2006, l’écurie modifie une Riley DP et l’engage en Super GT. Takahashi en prend le volant. On le retrouve également à bord d’une McLaren 12C GT3 aux couleurs du manga Evangelion. Et donc, pour 2015, c’est le projet autour du châssis Dome. Il leur demande de donner un look de Lotus Evora à la voiture. Un bon moyen de promouvoir la marque. Voici donc l’Evora GT300, exposée par LCI au Tokyo Auto Salon de 2015. Le moteur est un V8 atmo GTA. Depuis le Norfolk, Lotus Cars s’étrangle : châssis japonais, design japonais et moteur japonais, elle n’a guère que les feux, les portières et le pare-brise d’une vraie Evora ! Mais comme d’habitude, c’est Takahashi qui signe les chèques. D’ailleurs, le principal sponsor, c’est Honda-Tokai !

(Photo : Lotus Japan)

La Lotus Evora GT300 face aux GT3 conventionnelles (Photo : Lotus Japan)

Mooncraft est avant tout un bureau d’ingénierie et cela se ressent. Esthétiquement, un gros travail est effectué sur l’aérodynamisme : avec un avant très fouillé, un aileron imposant et un déflecteur lui-même équipé d’ailerons. En Super GT, il n’y a pas de manufacturier de pneus imposé et le team opte pour des Yokohama.

Une seule voiture est construite. L’intérêt autour de la Lotus est là, ce qui est toujours bon pour les affaires. Côté résultat, par contre, l’originalité et l’exotisme ne payent pas. En 2015, Takahashi et Hiroki Katoh terminent souvent loin. Globalement, les voitures construites avec le « châssis générique » se font dominer par les vraies GT3. Heureusement, Takahashi est là pour s’amuser et il se fiche du classement ! Les compères terminent tout de même 7e du GT300 des 1000km de Suzuka. En 2016, la saison commence bien avec une 13e place en GT300 à Fuji. Mais ensuite, l’Evora joue les voiture-balais, terminant dernière, voire non-classée pour distance insuffisante. Ainsi, Takahashi et Katoh ne marquent pas le moindre point. Pourtant, les autres châssis génériques s’en sortent beaucoup mieux que l’année précédente. Les champions pilotent d’ailleurs une Toyota 86.

(Photo : Lotus Japan)

Drôle de gueule (Photo : Lotus Japan)

Quid de 2017 ? Lotus (autrement dit Takahashi) a un stand au Tokyo Auto Salon, mais point d’Evora GT300 dessus. Katoh est là, mais les deux compères ne participent pas au lever de rideau du GT300. Takahashi préfère présenter la Lotus Cup Japan 2017. Pour l’instant Tokai n’est pas inscrit en Super GT. Nul doute que l’écurie sera présente, par contre, la drôle d’Evora semble bonne pour la retraite. Signalons que seules deux nouvelles voitures (une Subaru BRZ et une Toyota Mark X) font encore confiance au châssis générique… Ah, les plateformes communes !

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