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1999, l’édition qui a lancé l’endurance moderne

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Histoire

1999, l’édition qui a lancé l’endurance moderne

1999, l’édition qui a lancé l’endurance moderne

L’édition 1999 des 24 Heures du Mans est aujourd’hui encore considérée comme une édition culte, la « course du siècle »comme beaucoup d’observateurs l’avaient surnommée à l’époque. Avec la présence officielle de six constructeurs (Audi, BMW, Chrysler, Mercedes, Nissan, Toyota), la course s’est rapidement résumée à un duel entre BMW et Toyota, le constructeur allemand prenant le meilleur pour s’imposer pour la première fois dans la classique mancelle. 1999, la fin d’une époque ? En 2000, Audi allait commencer sa moisson de succès tandis que les autres constructeurs se retiraient. Les 24 Heures du Mans 1999 sont donc à considérer comme l’ultime édition des années GT, l’aboutissement d’une ère ? Au contraire. Par bien des raisons, 1999 est en réalité le tout début de l’ère moderne de l’endurance telle que nous la connaissons. Explications.

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Pendant une grande partie des années 90, ce n’est pas réellement la voiture ni l’équipage le plus rapide qui s’imposait, mais bien l’auto et les pilotes qui savaient ressortir sans problèmes du marathon qui gagnaient. Pour l’emporter, il faut terminer. Mais à l’époque, terminer, c’était une réelle chance de gagner. Je pense notamment à 1995, et dans une moindre mesure 1996 et 1997. L’édition 1999 s’annonçait comme une rupture totale. La course promettait avant le départ d’être un véritable grand prix de 24 heures. L’arrivée massive des usines en 1998 a en effet haussé le niveau de préparation des voitures, et donc la compétition pour s’emparer du trophée de la Sarthe. Les victoires décrochées à titre privé par Joest par le passé ne pouvaient clairement plus se répéter…

Pourquoi un tel intérêt soudain pour les 24 Heures du Mans, concentré en particulier sur les années 1998 et 1999 ?

Pourquoi un tel intérêt soudain pour les 24 Heures du Mans, concentré en particulier sur les années 1998 et 1999 ? Car Le Mans, course légendaire, n’entraînait pas (encore) une débauche de moyens, comparé à la F1 ou le rallye. Donc, pour Audi, BMW, Chrysler, Mercedes, Nissan ou encore Toyota, remporter les 24 Heures du Mans pouvait devenir un coup de pub rapide, et à moindre frais.

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Les prototypes engagés aux 24 Heures du Mans 1999, notamment chez BMW, Mercedes et Toyota, sont de véritables F1 carrossées. Le cas de BMW est en ce sens très intéressant. La marque allemande fut discrète en 1998, continuant de proposer des moteurs pour les équipes privées qui engageaient des McLaren.

Les prototypes engagés aux 24 Heures du Mans 1999, notamment chez BMW, Mercedes et Toyota, sont de véritables F1 carrossées.

Le premier prototype engagée cette année-là (1998), le V12 LM, ne brille pas en Sarthe. Avec 43 et 60 tours, les deux voitures du Team BMW Motorsport étaient très (trop) conventionnelles et peu optimisées pour Le Mans. Des vibrations à haute vitesse ont contraint le constructeur de se retirer rapidement de la course. Mais en 1999, BMW est revenu gagner, avec entre temps un travail poussé réalisé avec Williams.

Chez Mercedes, la CLR est une auto au dessin sublime, très basse, dans la plus pure tradition de la marque. Chez Toyota, la GT-one, qui doit son dessin à André de Cortanze, évoque elle aussi les lignes des F1, mais avec une carrosserie. Vous voyez l’idée ? Des voitures avec une technologie de pointe, qui démontrent un vrai savoir-faire et peuvent gagner la plus grande course au monde, le tout pour un budget réduit.

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1999 marque également le lancement de la première série reprenant le règlement de l’Automobile Club de l’Ouest (ACO). Ainsi naissait l’American Le Mans Series (ALMS), série de courses disputées aux États-Unis. Aujourd’hui encore, cette série existe (après une fusion avec le Grand-Am).

En 1999, Audi commençait son engagement en endurance, qui allait durer 17 ans (18 saisons).

Cette « édition du siècle » a par beaucoup d’aspects été initiatrice de l’endurance moderne. Depuis cette édition, chaque course des 24 Heures du Mans a des airs de grand prix. Depuis cette édition, Le Mans a repris une dose de magie, s’est remis en marche, pour aboutir en 2012 à la création d’un véritable Championnat du Monde (WEC), ce qui n’était plus arrivé depuis 1993. Le Mans 1999 n’était pas la fin d’une ère, c’était en fait le début d’une période…

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

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