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Quand les Camaro voulaient détrôner Porsche au Mans

Histoire

Quand les Camaro voulaient détrôner Porsche au Mans

Quand les Camaro voulaient détrôner Porsche au Mans

Au début des années 80, une vague d’engouement venue des États-Unis touche l’endurance européenne. De plus en plus d’équipes et de pilotes venus d’outre-Atlantique veulent découvrir les circuits européens et notamment se lancer à l’assaut des 24 Heures du Mans. Dès 1981, on remarque sur la liste des engagés un joli contingent de voitures qui répondent à la réglementation IMSA GTX, IMSA GTP ou IMSA GT-GTO.  L’ouverture vers l’ouest de la part de l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) est plus forte que jamais. 

Le public aime voir de grosses voitures américaines venir se frotter à la crème de l’endurance prototypes. Le temps de la domination des Ford GT 40 semble désormais loin. Depuis, en 1976, une Ford Gran Torino ou encore une Dodge Charger avaient assuré le spectacle, sorties de la Nascar. On se souvient aussi d’une Chevrolet Monza (Dekon Engineering).

Mais revenons à notre année 1981. Parmi les engagés de la catégorie GTO, on retrouve trois Mazda RX7 (moins de 2 500 cc) et un duel entre une Porsche 924 GTR et une Chevrolet Camaro. Cette dernière détone. Elle est engagé par Stratagraph Inc, l’entreprise de Billy Hagan, qui s’adjoint les services de Cale Yarborough (alors une légende de la Nascar avec trois titres en 1976, 1877 et 1978) et Bill Cooper. La course se termine après seulement 13 tours, problème de freins à Arnage. Billy Hagan évite de justesse certains spectateurs, qui l’ont ensuite aidé à sortir la voiture coincée dans les rails de sécurité. Chronométrée en 3’59 »87 lors des essais qualificatifs, la Camaro rivalisait en performance pure avec la plupart des BMW M1 et autres Ferrari 512 BB.

En bas, la Camaro de 1982 (qui aura au Mans le n°81) et en haut la Camaro de 1981, avec le n°80 en Sarthe.

En 1982, Billy Hagan veut revenir, cette fois avec deux voitures, et avec l’ambition de prouver que les Camaro peuvent briller au Mans. Cette seconde participation va apporter un résultat inespéré. Lors des essais, les deux Camaro engagées par son équipe montrent leurs limites dans les Hunaudières.

Avec 257 km/h en pointe seulement, la n°81 se fait littéralement déposer par la voiture la plus rapide de l’édition à ce petit jeu, à savoir la Lola T610 n°16 flashée à 352 km/h. Un déficit de vitesse qui ne l’empêche pas d’être première de sa catégorie (GTO) en 3’52 »59.

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Le chemin parcouru en une année semble fou, mais la n°81 de Billy Hagan et Gene Felton est en réalité une Camaro de troisième génération, toute neuve et préparée par Tex Powell et sa structure Tex Racing Enterprises en Caroline du Nord. Là-bas, la voiture a reçu un moteur Chevrolet V8, un small block de 358 ci développant 580 chevaux. Une boîte de vitesses à quatre rapports T10 est greffée à l’engin. La seconde voiture engagée, la Camaro n°80, est elle une voiture de deuxième génération confiée à Richard Brooks et Hershel McGriff.

La n°81 est relativement à l’aise en performance malgré sa vitesse de pointe limitée. Si bien que Gene Felton se souvient avoir été convoqué par les organisateurs pour expliquer  cette performance… « Ils ne comprenaient pas pourquoi nous étions si rapides. ils ont regardé la voiture sous toutes les coutures sans rien trouver. Je savais juste que nous pouvions être à la hauteur des meilleurs de la catégorie« .

La n°80 rencontre rapidement des problèmes avec sa boîte de vitesses et est contraint à une réparation de plusieurs heures qui la mettra hors jeux. La n°81, elle, se bat avec la Porsche 924 Carrera GTR B.F. Goodrich engagée avec les Américains Jim Busby, Doc Bundy et le français Marcel Mignot. La Porsche doit composer avec une boîte de vitesses récalcitrante et une cinquième vitesse absente pendant une bonne partie de l’épreuve. La Camaro n°81 se bat mais rencontre de son côté des problèmes avec son alternateur et son éclairage donne des signes de fatigue en pleine nuit… Elle mène jusqu’au derniers tours…

A l’arrivée, Porsche s’impose mais la Camaro n°81 est deuxième de la catégorie GTO à quatre tours seulement. Une aventure mancelle méconnue, symbole de l’envie de conquête de nombreux américains en Sarthe.

Après ce succès en Sarthe, la n°81 revint ensuite sur le continent américain poursuivre ce qui allait devenir une longue et fructueuse carrière sportive. Elle s’imposera notamment dans sa catégorie aux 12 Heures de Sebring ou aux 24 Heures de Daytona en 1984, tout comme aux 500 km de Charlotte et aux 500 lm de Road Atlanta la même année. Elle a été entièrement restaurée puis vendue en 2014 aux enchères par Mecum Auctions.

Sources : Fantasy Junction, Mecum, Hemmings et Hagerty.
Images : Orsenat, Mecum Auctions et Fantasy Junction. 

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

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