Connect with us

Asian Le Mans Series : 2019/2020, la saison de la maturité ?

Analyse

Asian Le Mans Series : 2019/2020, la saison de la maturité ?

photo Asian Le Mans Series

Asian Le Mans Series : 2019/2020, la saison de la maturité ?

Après de nombreuses tentatives non-couronnées de succès, l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) semble tenir la bonne formule pour apporter en Asie un championnat typé « endurance » stable, véritable tremplin pour les 24 Heures du Mans. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder l’intérêt porté par de nombreuses équipes à la nouvelle saison d’Asian Le Mans Series 2019/2020.

Avant que cette huitième saison (déjà) ne soit lancée, le moment est idéal pour nous plonger dans les tumultes qui ont mené à l’arrivée de ce championnat.

Le Japan Le Mans Challenge et les débuts compliqués

Pour comprendre l’importance de l’Asie en endurance, il faut se plonger loin dans le passé, en 1999. A l’époque, les constructeurs venus du Japon sont bien représentés aux 24 Heures du Mans : Nissan et Toyota engagent des voitures, 11 pilotes japonais sont sur la grille de départ. Des initiatives privées se multiplient, comme par exemple avec le Team Goh (qui engage une BMW V12 en 1999). Déjà, dans les années 80, les constructeurs japonais étaient présents en nombre (Mazda, Nissan, Toyota, etc.).

Toyota GT-One, Le Mans 1999
Toyota GT-One, Le Mans 1999

Le Japon a toujours été sensible à l’endurance, en témoigne le championnat « All-Japan Sports Prototype Championship » organisé de 1983 à 1992. En 1999 donc, l’Automobile Club de l’Ouest veut relancer une compétition dans le pays. Ce sera le Japan Le Mans Challenge. Une épreuve est organisée en guise de répétition générale, les 1 000 kilomètres de Fuji 1999. Elle restera un coup d’essai.

L’idée revient plus tard, fin 2005. Le but est alors de proposer aux équipes locales une véritable pyramide d’accession vers Le Mans, en permettant aux règles qui encadrent les 24 Heures du Mans d’être appliquées à des épreuves dédiées aux même voitures qu’en Sarthe. Le Japan Le Mans Challenge naît enfin. La magie n’opérera que pendant deux saisons, 2006 et 2007.

Sugo, Japan Le Mans Challenge
Sugo, Japan Le Mans Challenge – Photo : Keiichiro TAKESHITA fmotor.jp

Le plateau est relativement modeste, avec la plupart des équipes n’ayant pas les moyens de passer l’étape supérieure pour basculer sur un programme international. Les course se déroulent à Sugo, Motegi, Fuji ou encore Okayama.

1000 km de Motegi 2006, Japan Le Mans Challenge
1000 km de Motegi 2006, Japan Le Mans Challenge – Photo : Keiichiro TAKESHITA fmotor.jp

Face au manque d’engagés, le championnat est finalement abandonné.

Japan Le Mans Challenge à Fuji, 2007 - foti.exblog.jp
Japan Le Mans Challenge à Fuji, 2007 – foti.exblog.jp

Mais l’idée de faire émerger une série dédiée à l’Asie refait rapidement surface, avec un projet encore plus ambitieux.

La naissance de l’Asian Le Mans Series

Puisque la Chine s’éveille au sport automobile, et que toute la région asiatique devient de plus en plus sensible, pourquoi ne pas lancer un championnat étalé sur plusieurs pays ? Malaisie, Japon, Chine. En 2009, soit 10 ans après l’épopée des Toyota GT-One et Nissan R390, le projet Asian Le Mans Series est lancé.

L’Automobile Club de l’Ouest peut compter sur deux championnats régionaux qui fonctionnent plutôt bien à savoir les Le Mans Series en Europe et l’American Le Mans Series (ALMS) aux États-Unis. Décliner la formule en Asie semble possible.

Okayama, seule course de l'Asian Le Mans Series version 2009 - foti.exblog.jp
Okayama, seule course de l’Asian Le Mans Series version 2009 – foti.exblog.jp

En 2009, la première équipe chinoise de l’histoire participe aux 24 Heures du Mans.

Porsche Endurance Asia Team, Le Mans 2009
Porsche Endurance Asia Team, Le Mans 2009

Avec le soutien technique d’une équipe française (Perspective Racing) mais des fonds venus de Chine et un pilote hong-kongais au volant (Darryl O’Young), l’équipe Endurance Asia Team symbolise la montée en puissance de la Chine et des pays de la zone en endurance. La série est lancée en fin d’année 2009, avec une ambition forte. Les équipes européennes sont invitées pour que l’ouverture soit un vrai spectacle.

A lire >  Mercedes remporte les 24 Heures de Dubaï 2018, dans la plus grande indifférence
Affiche de la course de Okayama, Asian Le Mans Series 2009
Affiche de la course de Okayama, Asian Le Mans Series 2009

Mais la mayonnaise ne prend pas vraiment : les équipes venues battre le fer sont là pour glaner une invitation aux 24 Heures du Mans. Sora Racing remporte le LMP1, Oak Racing le LMP2, Hankook Team Farnbacher le GT2. Une seule équipe japonaise (JLOC) est couronnée en GT1. Le championnat ne parvient pas vraiment à mettre en application la volonté de créer une voie d’accès vers Le Mans. Le championnat est mis en pause.

La conquête de l’endurance venue de l’Asie

C’est en 2013 que le championnat revient. Entre temps, l’Automobile Club de l’Ouest a mis en place le Championnat du Monde d’Endurance (WEC). Ce projet d’envergure a mis en pause le développement asiatique, l’important étant de poser les bases de cette série majeure qui s’arrête à Shanghai et Fuji. L’idée de faire renaître l’Asian Le Mans Series reprend du sens en 2012, alors que le WEC est maintenant structuré.

Les saisons 2013 et 2014 seront difficiles, avec des plateaux réduits et un effort réalisé par des équipes internationales pour animer les courses. Puis, c’est la bascule. En 2015, le championnat adopte un calendrier décalé, à cheval entre deux années. 2015-2016 marque la naissance de l’Asian Le Mans Series actuel. Le changement est perceptible d’emblée.

Manche thaïlandaise, saison 2015/2016
Manche thaïlandaise, saison 2015/2016 – photo Asian Le Mans Series

Au palmarès, on remarque de nombreuses équipes et pilotes venus de Chine, Hong Kong, Singapour ou du Japon. En 2017-2018, une équipe taïwanaise (Fist Team AAI) et même une équipe néo-zélandaise (Team NZ) font leur apparition au palmarès. Le pari est réussi.

Au Mans, les performances des équipes asiatiques sont notables. Les 24 Heures du Mans 2017 par exemple voient pour la première fois deux voitures engagées officiellement avec la bannière chinoise sur le podium du général, avec l’équipe Jackie Chan DC Racing et notamment les pilotes chinois Ho-Pin Tung et David Cheng.

Jackie Chan DC Racing, la belle surprise de 2017
Jackie Chan DC Racing, la belle surprise de 2017

En 2018, comme un symbole, Toyota remporte enfin les 24 Heures du Mans, offrant au Japon son deuxième succès, après Mazda en 1991. L’Asie est parvenue au sommet de l’endurance.

Toyota, vainqueur des 24 Heures du Mans 2018 photo Toyota

La Chine avec Zhuhai, le Japon avec Fuji, la Thaïlande avec Buriram et enfin la Malaisie avec Sepang sont les rendez-vous d’un calendrier restreint mais séduisant.

Pour la saison 2019/2020, le calendrier comprend quatre rendez-vous : Shanghai, the Bend Motorsport Park (en Australie), Sepang et enfin Buriram. Une saison cruciale pour accompagner les équipes toujours plus nombreuses et structurées qui, aujourd’hui, ont démontré leur potentiel.

En novembre 2020, la manche d’ouverture se déroulera à Suzuka. Une preuve de plus de la montée en puissance de la série.

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

Cliquez pour commenter

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres articles de la catégorie Analyse

To Top