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Sauber Mercedes C9 : la nouvelle flèche d’argent !

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Sauber Mercedes C9 : la nouvelle flèche d’argent !

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Sauber Mercedes C9 : la nouvelle flèche d’argent !

Après plus de 30 ans d’absence en sport automobile, Mercedes retrouvait les chemins de la compétition et décrochait le titre de champion du monde d’endurance. Mieux, l’année 1989 était également marquée par un sacre aux 24 Heures du Mans. L’état-major du constructeur ne jurait alors que par l’endurance, et balayait d’un revers de la main toute éventualité de retourner, même à moyen terme, en Formule 1. Une toute autre époque…

Les origines de la domination Mercedes en 1989 en endurance sont à chercher quelques années plus tôt. C’est précisément en décembre 1987 que l’annonce est faite par le constructeur allemand d’un retour à la compétition. L’idée est d’accompagner certaines équipes qui s’engagent en sport prototype, avec un appui d’ingénieurs dédiés pour la partie moteur. Pour l’équipe de Peter Sauber, il s’agit là d’une aubaine. Le Suisse collabore déjà avec Mercedes, et notamment depuis la Sauber C8 lancée lors des 24 Heures du Mans 1985.

Une collaboration plus ou moins officielle. En réalité, elle a tout d’officieux. Aux 1000 km du Nürburgring 1986 en particulier, du personnel Mercedes est aperçu à proximité du box de l’équipe suisse. Le moteur mais aussi l’aérodynamique des Sauber C8 sont améliorés grâce au concours de certains ingénieurs de la marque qui se mettent à disposition de Sauber. Sur leur temps libre, en bonus, par passion. Mercedes et Sauber entretiennent une relation épisodique, puis bien réelle.

En 1988, les progrès sont notables. La Sauber C9 (évolutiond e la C8) largement développée en sous-main par Mercedes parvient à battre les Porsche 962 et autres Jaguar XJR 9. A Jerez, au Nürburgring et enfin à Sandown Park, une C9 s’impose. Pour les 24 Heures du Mans 1988, deux voitures sont engagées. La C9 est, sans le dire, LA nouvelle flèche d’argent. Les voitures arborent une décoration noire et blanche avec comme sponsor titre AEG / Olympia. Une entreprise de micro-informatique et de communication, dans laquelle le groupe Daimler-Mercedes est majoritaire. Le retour des Allemands n’est pas encore officiel, mais le nom Mercedes est bien présent sur le pare-brise des autos, et le soutien de l’usine de plus en plus fort.

Stupeur, les voitures sont finalement forfait et ne prennent pas le départ de cette édition 1988. L’éclatement d’un pneumatique aux essais dans la courbe des Hunaudières à haute vitesse sur la Sauber C9 de Klaus Niedzwiedz pousse les responsables de l’équipe à ne pas prendre part à la course… Le vendredi matin, lors d’une conférence de presse organisée pour expliquer ce forfait, la confiance de Mercedes envers Sauber (et inversement) est renouvelée. Les deux parties promettent de revenir en 1989.

Le début de la saison 1989 est marqué par une victoire à Suzuka par Mauro Baldi et Jean-Louis Schelesser. À Dijon, les flèches d’argent (qui disposent maintenant de leur livrée argentée digne de l’histoire de la marque) doivent se contenter de la deuxième et de la troisième place. En arrivant en Sarthe, les Mercedes font ainsi partie des favoris, au même rang que les Jaguar, tandis que pour la première fois, le Japon va jouer un rôle clé dans la plus grande course d’endurance de l’année avec Nissan et Toyota engagés.

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Officiellement, dans les rangs de Mercedes, c’est l’édition 1990 des 24 Heures du Mans qui est l’objectif. Cette édition 1989 sonne comme une immense répétition, et notamment comme la première année du retour officiel en endurance. On ne veut pas fanfaronner, même si le potentiel de l’auto est bien connu.

La répétition démarre plutôt bien, avec Jean-Louis Schlesser qui donne à Mercedes la pole position, et Mauro Baldi qui permet aux C9 d’occuper la première ligne. 3’15’’04 et 3’15’’67, les Mercedes battent de plus de trois secondes sur un tour les Jaguar. Pour l’anecdote, cette année-là, 28 voitures tournaient en moins de 3’30 au tour, soit plus de 232 km/h de moyenne.

Avant le départ, tout semble prêt pour le succès Mercedes. Les affiches officielles de cette édition mettent à l’honneur les flèches d’argent, tout comme les billets d’entrée que possèdent les spectateurs dans leur poche. Les deux voitures sont en première ligne, et dominent largement la concurrence au jeu du chronomètre et de la vitesse de pointe. Un succès déjà écrit ? Les premières heures de course donnent plutôt raison aux sceptiques. Alain Cudini est contraint d’effectuer une figure avec la n°62, entraînant des réparations nécessaires sur sa voiture après avoir perdu un tour au ralenti. Cette flèche d’argent qu’il partage avec Jabouille et Schlesser est déjà hors course pour la victoire. La voiture sœur emmenée par Mass, Reuter et Dickens doit elle aussi ralentir l’allure à cause d’un passage à haute vitesse sur un échappement en piste. Jaguar semble promis à un nouveau succès.

Jaguar domine pendant la nuit, mais les ennuis arrivent. Problème moteur, problème d’échappement, fuite d’huile. À l’aube, les boîtes de vitesse des Jaguar XJR-9 fatiguent et les Mercedes filent vers la victoire. Le destin choisit celle de Mass, Reuter et Dickens. Le doublé est assuré par Baldi, Acheson et Brancatelli. Schlesser, Jabouille et Cudini sont 5e.

Les voitures passent la ligne, le logo Mercedes nettement visible sur le capot avant. Normal, les mécaniciens ont pris la délicatesse de le nettoyer à chaque arrête au stands, pour que l’étoile à trois branches marque les esprits. En 1989, Mercedes revenait (officiellement) en endurance par la plus belle des manières.

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

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