Le constructeur japonais abandonne l'appellation Gazoo Racing pour devenir Toyota Racing et présente une évolution majeure de son Hypercar pour la saison 2026 du WEC.
Toyota marque un tournant stratégique important en ce début d'année 2026. Après dix années sous la bannière Toyota Gazoo Racing, le géant nippon officialise sa transformation en Toyota Racing et dévoile la TR010 Hybrid, une évolution substantielle de la GR010 qui a dominé l'endurance mondiale entre 2021 et 2023. Cette double annonce intervient dans un contexte hautement concurrentiel où Ferrari règne en maître depuis trois éditions consécutives des 24 Heures du Mans.
Sommaire
Un changement d'identité qui reflète une nouvelle approche
La disparition de l'appellation "Gazoo Racing" marque la fin d'une époque débutée en 2016 en WEC. Cette identité, initialement pensée comme un laboratoire de développement pour les voitures de route sous l'impulsion d'Akio Toyoda, avait accompagné les plus grands succès du constructeur en endurance : cinq victoires au Mans (2018, 2019, 2020, 2021, 2022) et quatre titres constructeurs consécutifs en WEC. De 2012 à fin 2015, Toyota utilisait déjà le nom Toyota Racing.
Le passage à "Toyota Racing" suggère une approche plus directe et universelle du sport automobile, alignée sur la stratégie globale du groupe.
Le passage à "Toyota Racing" suggère une approche plus directe et universelle du sport automobile, alignée sur la stratégie globale du groupe. Cette simplification de l'identité racing intervient alors que Toyota intensifie ses efforts en compétition internationale, avec des programmes parallèles en NASCAR, en rallye avec la GR Yaris Rally1, et potentiellement en Formule 1 via ses liens avec Haas.
TR010 Hybrid : une évolution technique significative
Si Toyota reste avare en détails techniques à ce stade, l'analyse visuelle de la TR010 Hybrid révèle des modifications aérodynamiques substantielles. La partie avant a été entièrement redessinée avec une nouvelle philosophie d'écoulement d'air, suggérant une recherche d'efficacité accrue dans les longues lignes droites sarthoises. La vitesse maximale manque toujours eu Mans... Le splitter avant semble plus sophistiqué, avec des canalisations d'air repensées pour optimiser le flux vers les pontons latéraux.

L'aileron arrière constitue l'évolution la plus visible, adoptant un profil différent qui pourrait indiquer une recherche d'équilibre aérodynamique modifié. Cette modification suggère que Toyota a analysé en profondeur les performances de la Ferrari 499P, particulièrement redoutable dans les phases de freinage et les enchaînements rapides.
Une stabilité des équipages pour capitaliser sur l'expérience
La reconduction intégrale des équipages témoigne de la confiance de Toyota dans ses pilotes actuels. Le trio Conway-Kobayashi-de Vries sur la #7 entamera sa troisième saison consécutive, une longévité remarquable dans le paysage actuel de l'endurance. Kamui Kobayashi, figure emblématique du programme Toyota et vainqueur du Mans 2021, continue d'incarner le lien entre le constructeur et ses ambitions sportives.
Sur la #8, l'association Buemi-Hartley-Hirakawa atteint une maturité exceptionnelle avec une cinquième année de collaboration. Sébastien Buemi, pilier du programme depuis 2012, apporte une continuité technique précieuse dans le développement de la nouvelle machine. Brendon Hartley, champion du monde 2015 et 2017 avec Porsche, puis en 2022 et 2023 avec Toyota, maintient le niveau d'excellence requis pour rivaliser avec l'armada Ferrari.

Antonio Fuoco, Miguel Molina, Nicklas Nielsen sur la #50, ainsi qu'Alessandro Pier Guidi, James Calado et Antonio Giovinazzi sur la #51, forment actuellement les équipages de référence en endurance. Leur régularité et leur capacité à maximiser le potentiel de la 499P dans toutes les conditions constituent le standard à atteindre pour Toyota. Ou plutôt à retrouver, car on connaît toute l'expertise acquise dans les rangs de Toyota depuis 2012 (les grands débuts en WEC avaient eu lieu lors des 24 Heures du Mans, la troisième manche de la saison inaugurale).
Les enjeux techniques du règlement 2026
La saison 2026 marque une étape importante dans l'évolution réglementaire de la catégorie Hypercar. Les ajustements de la Balance of Performance (BoP) continuent d'alimenter les débats, Toyota ayant souvent exprimé sa frustration face à des décisions jugées pénalisantes. La TR010 Hybrid devra naviguer dans ce cadre réglementaire complexe où performance pure et équilibre imposé cohabitent difficilement.
La TR010 Hybrid est une déclaration d'intention claire : Toyota n'accepte pas la domination actuelle de Ferrari et mobilise ses ressources pour reconquérir les sommets de l'endurance mondiale.
Le développement aérodynamique reste contraint par l'homologation, limitant les évolutions possibles en cours de saison. Toyota a visiblement maximisé les zones d'intervention autorisées pour cette TR010, suggérant une approche méthodique visant à exploiter chaque opportunité réglementaire.

L'introduction de la TR010 Hybrid intervient à un moment charnière pour Toyota Racing. Après avoir dominé l'endurance mondiale pendant cinq ans, le constructeur japonais doit reconquérir sa suprématie face à une concurrence revigorée. Le calendrier 2026 du WEC, avec ses huit manches incluant les 24 Heures du Mans, offrira un terrain de jeu exigeant pour départager les prétendants au titre. Toyota, avec un seul succès en 2025, peut revenir dans la lutte pour le titre ?
La TR010 Hybrid est une déclaration d'intention claire : Toyota n'accepte pas la domination actuelle de Ferrari et mobilise ses ressources pour reconquérir les sommets de l'endurance mondiale.
