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Le Mans Classic 2018, le voyage dans le temps

Point de vue

Le Mans Classic 2018, le voyage dans le temps

Geoffroy Barre

Le Mans Classic 2018, le voyage dans le temps

Ce samedi 7 juillet 2018, j’ai pour la première fois eu ce sentiment de revenir dans le passé, de traverser le temps, un instant. J’ai voyagé en 1999, sans effort, en ouvrant les yeux.

13h30, le soleil était au plus haut dans le ciel, et les nuages eux, bien au-delà de l’horizon. Avec des bras déjà rougis par le long chemin qui m’a mené depuis la ligne droite des stands vers le S de la forêt, j’ai vu passer certaines voitures engagées au Mans dans les années 1990 et 2000. Toyota GT-One, Audi R8, Bentley EXP Speed 8 pour les prototypes, ou encore Porsche 993 RSR, Venturi 600 LM, Ferrari 550 Maranello pour les GT, parmi d’autres. Le plateau Global Endurance Legends était pour la première fois présent pour Le Mans Classic.

Assis en zone spectateur, sur la butte qui domine naturellement l’enchainement entre le S de la forêt et le Tertre Rouge, mon esprit a basculé, une seconde, peut-être moins, peut-être plus. Le temps n’avait plus d’importance. Où sommes-nous ? Je le sais. Quand sommes-nous ?

J’ai eu l’impression de me retrouver en 1999 lorsqu’une Panoz LMP Roadster-S a déchiré l’air avec son V8 Ford. Assis là, un américain-frites dans une main et une bière dans l’autre, j’étais en 1999. Mon premier amour automobile, celui qui m’a donné le virus, s’est rappelé à ma rétine. Elle était là, une Toyota GT-One à quelques encablures (je vous invite au passage à lire mon sujet dédié à la belle : Toyota GT-one, direction Le Mans).

Je me souviens être là à l’époque, assis parmi la foule immense, intimidé du haut de mes 14 piges. Le 7 juillet 2018, je crois m’être retrouvé assis à la même place ou presque, hasard des monticules de terre, des graviers et autres herbes qui trouvent ici un peu de place.

A lire >  Rebellion Racing : deux vraies occasions de gagner les 24 Heures du Mans !

Sur ma rétine, un souvenir de 1999 s’est superposé avec cette vision d’une Panoz, à nouveau en action. J’avais des images de l’américaine en moi depuis tout ce temps, elles me sont revenues à l’esprit. Du moment où je tourne la tête en direction de la Dunlop et où  je saisis la Panoz en mouvement, pour ensuite ne plus la quitter, jusqu’à l’instant où elle file dans les Hunaudières, tout était identique. Vous imaginez ce sentiment ? Je voyais le public, les autres voitures engagées. Je pouvais presque entendre Bruno Vandestick dérouler le classement, et toucher le drapeau américain que je portais à l’époque sur les épaules en guise de protection face au soleil. Un voyage dans le temps sans me déplacer, sans y penser, sans avoir à fermer les yeux. Au contraire, ils étaient grand ouverts. Je ne crois pas avoir un instant quitté la batmobile du regard, à moins que le son seul soit responsable de cette « vision ».

J’ai décidé de venir dans ce virage samedi par pur besoin photographique, pour ajouter dans ma collection de clichés des images à vous partager ensuite. Ma quête s’est transformée en expérience temporelle.

1999, une édition que vous pouvez (re)découvrir ici : 1999, l’édition qui a lancé l’endurance moderne.

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

3 Comments

3 Commentaires

  1. Viceroy

    9 juillet 2018 at 20:57

    Je vous trouve indulgent, le circuit a bien été massacré ces dernières années…
    Les Esses de la foret : Que sont devenus les arbres ?
    Arnage : transformé en vaste zone qui ne ressemble plus à rien.
    Mulsanne: Tous les arbres qui étaient le long de la ligne droite vers Indianapolis: abattus.
    Le Mans ressemble de plus en plus à un stade automobile et perd son caractère d’année en année

  2. Geoffroy Barre

    9 juillet 2018 at 22:06

    Je suis un peu indulgent sur cette zone, peut-être. Mais la perspective du S de la forêt est toujours belle. Les arbres manquent et l’immense fosse / bassin d’orage est inutile. Je sais que l’ACO projette de replanter des arbres dans cette zone.

    Pour Arnage, la butte de terre est décimée mais l’aménagement réalisé à hauteur d’Indianapolis est au top. Pour Mulsanne je sais qu’une partie des arbres à brûlé lors d’un incendie de forêt il y a quelques années. Vous parlez peut-etre de ceux là ?

    • Viceroy

      13 juillet 2018 at 21:07

      Non, la zone brûlée n’était pas à cet endroit.
      Les arbres ont été abattus dans la zone spectateur qui longe le circuit et mène au Virage de Mulsanne. Il semble que le prétexte soit l’agrandissement du camping… Je ne comprends pas comment on peut faire ça, c’est stupide.
      Ceci dit, bravo pour votre site.

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