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24 Heures du Mans 2017 : la victoire Porsche, la défaite Toyota

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Le Mans

24 Heures du Mans 2017 : la victoire Porsche, la défaite Toyota

24 Heures du Mans 2017 : la victoire Porsche, la défaite Toyota

Alors que cette 85e édition des 24 Heures du Mans semblait promise à Toyota, en excellente forme depuis le début de la saison, et ultra-dominateur pendant les essais, Le Mans revient finalement, pour une troisième fois de rang, à Porsche. Une victoire qui n’a rien du triomphe. Aucun chiffre ne permet de faire de cette victoire un achèvement majeur.

Même en retournant dans tous les sens les données après cette édition des 24 Heures du Mans, difficile de trouver de quoi se réjouir de la performance de la 919 Hybrid victorieuse. En bouclant 367 tours, la Porsche 919 Hybrid #1 a couvert 5,001.23 kilomètres seulement. Une performance bien modeste, car le cap des 5 000 kilomètres était passé, pour la première fois, en 1967, il y a 50 ans, par Ford (5 232 km).

Porsche vainqueur, malgré tout

La Porsche 9191 Hybrid #2 qui s’impose n’aura mené la course que pendant 20 tours, après avoir pris le meilleur sur une LMP2, l’Oreca – Gibson #38 du Jackie Chan DC Racing. Porsche a survolé la seconde partie de l’épreuve grâce à la voiture sœur, la #1, qui fut pointée en tête de 00 h 45 à 11 h 10 du matin, profitant des problèmes de Toyota. Lorsque le pilote allemand André Lotterer fut contraint de mettre pied  terre peu avant Mulsanne, il comptait 13 tours d’avance. La marque allemande était donc solidement installée en tête avant qu’un problème moteur ne bloque la #1. Et, heureusement, la #2 a permis de sauver la face. Elle qui était au stand pendant 1 heure et 5 minutes en début de course pour changer le moteur électrique qui entraîne le train avant est remontée de la 56e place à la victoire. Une « remontada » digne de la légende du Mans ? Peut-être est-ce comme cela que nous parlerons de cette édition dans 20 ou 30 ans. Mais au lendemain de l’épreuve, cette déconfiture des voitures hybrides pose de sérieuses questions sur l’avenir de l’endurance en LMP1.

Une « remontada » digne de la légende du Mans ? Peut-être est-ce comme cela que nous parlerons de cette édition dans 20 ou 30 ans.

Car en plus des soucis chez Porsche, Toyota est passé complètement à côté de son édition 2017. Une seule voiture à l’arrivée, à la neuvième place, et beaucoup de regrets, dans une édition marquée par une agonie des Japonais. Outre les soucis sur la #8 rencontrés très tôt (problème de moteur qui apporte l’énergie aux roues avant), c’est un problème d’embrayage sur la #7, pourtant promise à une victoire sublime, qui allait être le signe fort de la débâcle en cours en pleine nuit. Kamui Kobayashi, dans un tour au ralenti, tentait en vain de ramener la voiture, mais fut contrait de mettre pied à terre. Idem sur la #9, quelques minutes plus tard, percutée à l’arrière par une LMP2. Le choc allait engendrer une crevaison, mais aussi des problèmes hydrauliques. Nicolas Lapierre devait stopper son effort, sans pouvoir rentrer au stand. Toyota n’allait pas passer la nuit, et déclarer forfait pour deux voitures, avec une seule TS050 Hybrid encore en piste, en vain.

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La fin de l’ère hybride ?

Des cinq voitures engagées officiellement en catégorie LMP1 hybride, deux seulement sont à l’arrivée, avec un vainqueur ayant passé plus d’une heure au stand pour une réparation majeure. Peut-on, dans ces conditions, parler des 24 Heures du Mans comme d’un laboratoire technologique ? Oui, mais la copie rendue dimanche 18 juin à 15 heures n’est pas à la hauteur de ce que peut attendre le grand public. Avec deux LMP1 en piste seulement pour le final, Le Mans a été dur avec les hommes et les machines, mais il faut se poser la question du niveau de maturité de la technologie hybride. De telles difficultés rencontrées par les deux constructeurs qui utilisent l’hybride en compétition depuis 2012 (Toyota) et 2014 (Porsche) montre que la course à des voitures toujours plus propres attaque la fiabilité, et décime le plateau, déjà maigre.

Comprenons-nous bien. Pousser les machines dans leurs retranchements, jusqu’à la rupture, et voir un scénario comme le week-end dernier, c’est ce que je demande des 24 Heures du Mans. Mais par pitié, pas lorsque le plateau LMP1 est réduit à seulement cinq concurrents au départ. Si une bataille forte se tenait entre Porsche, Toyota, mais aussi Audi, Honda, Peugeot, Nissan ou encore Ferrari, ces faits de course seraient légitimes. Mais attention, avec peu de concurrents capables en théorie de se battre pour la victoire, nous avons failli avoir un vainqueur LMP2. Les équipes Porsche et Toyota auraient alors eu bien du mal à justifier à leur direction l’intérêt de s’engager au Mans, quand une équipe au budget plusieurs dizaines de fois inférieur peut l’emporter au moindre souci.

2018 pourrait marquer un vrai tournant. Une fiabilisation de la technologie hybride, et le passage dans une nouvelle dimension de voitures « propres », ou au contraire, un vrai conservatisme.

Alors que le règlement actuel doit, logiquement, être appliqué jusqu’en 2019 inclus, la fin de cycle semble déjà entamée. Toyota reviendra en 2018 pour enfin remporter Le Mans. Porsche s’est engagé, en début de saison, à poursuivre encore, mais une annonce de fin de programme n’est pas à exclure, maintenant que la mission est validée. 2018 pourrait marquer un vrai tournant. Une fiabilisation de la technologie hybride, et le passage dans une nouvelle dimension de voitures « propres », ou au contraire, un vrai conservatisme. Les deux constructeurs ont déjà pris la décision de ne pas changer de monocoque pour réduire les coûts. Ils pourraient aussi, en parallèle, décider de ne pas sur-investir dans l’hybride, et quitter l’endurance en 2018 ou 2019, par la petite porte, avant l’application du nouveau règlement.

Tombé dans l'endurance tout petit. Mon père m'a mis dans les mains des Porsche 917, des Mercedes C9 et des Peugeot 905, pendant qu'il allait au Mans. Depuis, nous traversons l'Europe et le monde ensemble pour voir tourner des bagnoles. Je suis rédacteur web freelance, spécialiste de l'endurance.

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